"Au simple lecteur exotérique, ce qui apparaît comme le sens vrai, c’est le récit littéral. Ce qu’on lui propose comme sens spirituel lui apparaît comme sens métaphorique, comme « allégorie » qu’il confond avec symbole. Pour l’ésotériste, c’est l’inverse : le soi-disant sens littéral n’est en fait que métaphore. Le sens vrai, c’est l’événement que cette métaphore occulte". Henry CORBIN.
5.3.11
L'acte juste...
22.1.10
La lecture, source d'évolution de (prise de) conscience
5.9.09
Le Grand Orient de France se prononce contre l'initiation des femmes.
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"Ce matin, le Convent du Grand Orient De France, réuni à Lyon, a décidé, par une majorité significative, de ne pas recevoir en son sein des femmes ...
(...) L'avenir du Grand Orient De France, dans cette perspective, c'est une anesthésie douce qui le verra muter pour devenir le pendant français des Obédiences anglo-saxonnes, des réunions de notables qui conservent l'acquis et s'en contentent" ...
La suite sur le blog de Candice
Source : AFP
3.4.09
"Les Gardiens du Sang"
Bande-annonce des Gardiens du Sang
Paris. De nos jours. Quelques années avant les événements que l’Histoire retiendra sous le nom de “Triangle secret”. Deux étudiants en théologie conversent passionnément dans les allées du séminaire de Saint Sulpice. Un journaliste vient en effet de révéler l’existence d’une milice secrète placée sous la houlette du Vatican : les Gardiens du sang. Particulièrement incriminé dans l’article, le Cardinal Motteli, consultant en Génétique auprès du Pape, et dont il se susurre qu’il occuperait une place de choix dans l’organisation... Si ce n’est que dorénavant Mottelli occupera une place de choix dans la mémoire de ses pairs. Puisqu’alors que les étudiants passent devant son bureau, il en voient sortir un jeune homme tâché de sang. Et le couteau encore rouge et frais du sang du Cardinal qu’il vient de tuer... Le jeune homme, Jean Nomane, s’enfuit prestement. On ne sait rien du fuyard. Juste qu’il avait disparu de la circulation ces trois dernières années. Sans doute parce qu’il avait beaucoup à se reprocher. A moins qu’il n’ait mis le doigt sur un terrible secret...
Après Le Triangle secret et INRI, Didier Convard, pionnier et maître du courant ésotérique en BD, livre avec Les Gardiens du sang, toujours servi par la rugueuse efficacité de Denis Falque, une nouvelle démonstration de son incroyable talent. Et une nouvelle preuve de l’existence de mystères profondément enfouis dans les replis de l’Histoire. Mystères qui pourraient bien bouleverser notre perception du monde...
22.3.09
L’honneur de René Guénon et l’Orient Orthodoxe
[1] Nikos Vardhikas, Le Graal roman, 1997, Jean Curutchet / Editions Harriet…
[4] En Ecosse, par ailleurs, pays aux origines celtiques …
24.2.09
Le Voyage Alchimique
"Patrick Burensteinas nous offre ses compétences de scientifique et d'alchimiste pour nous faire comprendre toutes les implications de cet itinéraire.
Il nous fait entrer dans la cathédrale par la porte du nord, "le portail des alchimistes", et nous fait toucher la "pierre de décharge" qui nous met en accord avec le monument.
Alors peuvent résonner en nous les deux Vierges Noires, les couleurs de vitraux, les formes architecturales et bien entendu les cercles du fameux labyrinthe qui est l'aboutissement de ce périple."
Un film (DVD) de Georges Combe. Durée : 54 minutes.
Source: L'étoile du Mage
2.2.09
Esotérisme et Progrès
Comment refuser à ces individus d’avoir accès aux mêmes « biens » et « services » que nous car leur évolution numérique risque de mettre en péril notre situation écologique ?
Comment leur expliquer qu’il ne faut pas qu’ils suivent la même direction que nous non pas par idéal mais uniquement parce que nous sommes inquiets pour nous-même ?
Laurent MOLLARD , article sur Agora Vox
10.1.09
23.11.08
Mort de l'écrivain Jean Markale, spécialiste des mythologies celtiques
M. Markale avait publié 102 ouvrages consacrés pour la plupart aux civilisations celtiques, et plus particulièrement au cycle du roi Arthur, parmi lesquels un "Cycle du Graal" en huit tomes, "Contes et légendes des pays celtes", "Vercingétorix", "Druides et chamanes" ou "Petite encyclopédie du Graal".
Il s'intéressait également à l'ésotérisme à travers des sujets comme les Cathares, les Templiers ou la légende de "l'or du diable" de Rennes-le-Château.
"Il a fait découvrir à un large public l'épopée celtique, connaissance auparavant réservée à une petite élite de chercheurs", a souligné Mme Fourier. Cela lui avait d'ailleurs valu des critiques d'autres spécialistes, qui le considéraient avant tout comme un vulgarisateur.
Son 103e ouvrage, "L'homme lesbien", paraîtra en janvier, selon Mme Fourier.
Jean Markale était né le 23 mai 1928 à Paris de parents bretons. De son vrai nom Jacques Bertrand, il avait emprunté son pseudonyme au roi Mark de la mythologie celtique.Il avait grandi dans la forêt de Brocéliande (également nommée forêt de Paimpont), le berceau du mythe de la Table ronde, auprès d'une grand-mère qui l'avait initié aux légendes celtiques.
Après des études à Paris, il était devenu professeur de lettres puis avait quitté l'enseignement pour se consacrer à l'écriture.
Ses livres sur le cycle arthurien ont été traduits en 25 langues, a indiqué Claire Fourier.
M. Markale était également conférencier.
12.10.08
Victor HUGO et l'ésotérisme.
Voici ce que j'ai trouvé :
L'expérience spirite à Jersey
Delphine de Girardin, l'initiatrice
Arrivée à Marine Terrace le 6 septembre 1853, Delphine de Girardin initie le cercle hugolien au spiritisme. La première tentative se déroule dès le 7 septembre, mais se solde par un échec : aucune révélation de la Table, des assistants peu désireux d'être distraits de leurs objectifs antibonapartistes. L'achat d'une petite table à trépied n'améliore guère les choses. Le 11 septembre, enfin, tressaillement de la Table : les premières révélations bouleversent l'assistance persuadée que c'est Léopoldine qui s'exprime par la Table.
Le départ de Delphine de Girardin ne calme pas l'enthousiasme des nouveaux initiés ; seule demeure inflexible Juliette Drouet.
La Table dicte jusqu'à 4 000 mots
Les séances vont se poursuivre pendant près de deux ans, d'abord selon cette technique : on utilise un guéridon à trépied posé sur une table. Deux participants mettent leurs mains à plat sur la Table qui dicte son message, lettre à lettre, au moyen de frappements : un pour A, deux pour B, etc. ; aux questions, la Table répond en frappant un coup pour oui, deux coups pour non. Un des participants note questions et réponses sur le Livre des Tables.
C'étaient d'épuisantes soirées, quand on songe que la Table pouvait dicter quatre mille mots ! Aussi une autre méthode fut-elle proposée : les lettres de l'alphabet seraient inscrites sur un cadran muni au centre d'une aiguille que les esprits feraient tourner. Les assistants inscriraient la lettre devant laquelle l'aiguille s'arrêterait. Refus de la Table. En revanche, à sa demande, les participants ont recours à une table à trépied, dont l'un des pieds est muni d'un crayon. De là, les dessins spirites.
Viennent tour à tour s'exprimer Machiavel, Rousseau, Shakespeare, le Lion d'Androclès, le Drame... André Chénier donne une suite à ses poèmes, car la Table dicte en vers ou en prose. La convergence entre les propos de la Table et l'œuvre de Hugo est telle que le poète doit bientôt protéger sa création, renonçant à assister à une séance où Shakespeare dicte un drame proche de La Forêt mouillée qu'il a alors en chantier. La Table demande à Hugo de reprendre la rédaction des Misérables, d'écrire un poème : ce sera "Ce que dit la bouche d'ombre".
Désaffection du clan Hugo
À partir de septembre 1854, date de rédaction de ce poème, Victor Hugo, ayant fait sienne la doctrine de la Table, n'attend plus rien de ses révélations. Les séances s'espacent, pour cesser définitivement peu avant le départ pour Guernesey, l'un des participants, le frère du Dr Allix, ayant de plus sombré dans la folie.
Lors de ces séances, Charles Hugo est reconnu pour avoir "un torrent de fluide". Comme l'ont montré Jean et Sheila Gaudon, la psychanalyse contribue à expliquer ce phénomène : il y a là revanche inconsciente d'un fils écrasé par un père génial. Charles médium "a le pouvoir de tout dire, la faculté admirable d'être, le temps d'une absence, le prophète d'une poésie qui n'est pas encore née". La période spirite à Jersey, en effet, évoque "l'époque des sommeils", l'écriture automatique des surréalistes.
Source : Bibliothèque Nationale de France
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Dès 1853, à Jersey, Victor Hugo s'était initié au spiritisme. Le poète croyait en effet aux esprits, personnels et agissants. Tout selon lui possédait un esprit, les astres, les rochers, les plantes, et l'imagination apparaissait à ses yeux comme un dévoilement de la réalité. Il fut définitivement convaincu de l'authenticité de ces manifestations lorsque l'esprit de sa fille Léopoldine, noyée accidentellement dix ans auparavant, lui apparut au cours d'une séance de table tournante. Ces « mystérieuses rencontres avec l'invraisemblable » se succédèrent lors de ces séances qui se déroulèrent durant plusieurs années. Les esprits convoqués étaient souvent illustres: Mahomet, Jésus-Christ, Marat et Molière.
Présents : Victor Hugo, Mme Hugo, Mlle Adèle Hugo, Charles Hugo,
— Non.
Victor Hugo. — Alors c'est nous qui sommes les voyants ?
— Oui.
Victor Hugo. — Toi, nous vois-tu ? — Non.
Victor Hugo. — Les esprits que tu appelles ici ont-ils vécu
de la vie des hommes ?
(Pas de réponse.)
Victor Hugo. — Peux-tu répondre ? — Non.
(Agitation de la table.)
Victor Hugo. — Puis-je te calmer ? — Non.
Victor Hugo. — Es-tu un esprit heureux ? — Le bonheur n'est qu'humain, il suppose le malheur.
Victor Hugo. — Tu parles ainsi parce que tu es dans l'absolu ? — Oui.
Victor Hugo, — Parle de toi-même. — L'infini, c'est le vide plein.
Victor Hugo. — Entends-tu par là que ce que nous appelons
le vide est rempli par le monde des esprits ? — Parbleu !
Victor Hugo. — Ombre du sépulcre, tu peux donc être gaie ? — Non.
Victor Hugo. — Parle.
— Use ton corps à chercher ton âme.
Victor Hugo. — Es-tu seul des esprits ici ?
— Je suis tout et je suis partout.
Victor Hugo. — Veux-tu que je continue à t'interroger ?
— Oui. Tu as la clef d'une porte du fermé.
Victor Hugo. — Connais-tu la vision que j'ai eue hier ?
— Je ne connais pas hier.
Victor Hugo. — Sommes-nous sûrs de te voir après la mort ?
Tu n'as que des lunettes.
(Téléki, fatigué, est remplacé à la table par le général Le Flô.)
Victor Hugo. - Si nous nous conduisons bien dans cette
vie, pouvons-nous espérer une vie meilleure ? - Oui.
Victor Hugo. - Si nous nous conduisons mal, aurons-nous
une vie plus douloureuse ? - Oui.
Victor Hugo. - Les âmes des morts sont-elles avec toi ? - Sous moi.
Victor Hugo. - Tu dis que tu es tout et partout, es-tu Dieu ? - Sur moi.
Victor Hugo. - Es-tu plus près des âmes que de Dieu ? - Il n'y a pour moi ni près ni loin.
Victor Hugo. - Dis-moi, les mondes autres que la terre sont-ils habités ? - Oui.
Victor Hugo. - Par des êtres comme nous, âme et corps ? - Les uns oui, les autres non.
Victor Hugo. - Après la mort, les âmes de ceux qui ont fait le bien sont-elles dans des espaces de lumière, ou vont-elles habiter d'autres globes ?
- Allume.
Victor Hugo. - Est-ce toujours l'ombre du sépulcre qui est là ? - Non.
(Charles est remplacé par Téléki.)
Victor Hugo. - Qui es-tu ? - Chateaubriand.
Victor Hugo. - Tu sais que nous t'aimons et que nous t'admirons ? - Oui.
Victor Hugo. - Tu es mon voisin à présent. Réponds. - La mer me parle de toi.
Victor Hugo. - Peux-tu nous parler du monde où tu es maintenant ? - Non.
Victor Hugo. - Es-tu heureux ? - Je vois.
Victor Hugo. - As-tu une communication à nous faire ? - Oui.
Victor Hugo. - Parle. - J'ai lu ton livre.
Victor Hugo. - Napoléon le Petit ? - Oui.
Victor Hugo. - Dis-nous ce que tu en penses. - Mes os ont remué.
Victor Hugo. - Parle. Tu sais que je lutterai jusqu'à la mort pour la liberté. - République.
Victor Hugo. - La République, c'est l'avenir, n'est-ce pas ?
- Je ne vois que l'éternité.
Victor Hugo. - Es-tu toujours là. Chateaubriand ? - Non.
Victor Hugo. - Qui es-tu ? - Dante.
Victor Hugo. - Dante, tu sais que je t'aime et t'admire. Je suis heureux que tu sois ici. Parle. - L'exil vient au bord de la tombe.
Victor Hugo. - Me dis-tu cela parce que je suis près du tombeau de Chateaubriand ? - Comprends.
Victor Hugo. - Parle. - L'amour est. La haine n'est pas.
Victor Hugo. - Qu'est-ce qui t'amène ici ? - La patrie.
Victor Hugo. - Parle. - J'ai lu ma vision
Victor Hugo. - En es-tu content ? - Béatrix chante, je l'écoute.
Victor Hugo. - Tu nous entends toujours ?
(Immobilité de la table.)
Victor Hugo. - Est-ce toujours Dante ? - Non.
Victor Hugo. - Qui est là ? - Racine.
Victor Hugo. - Tu sais que je respecte les grands noms. Est-ce moi que tu viens voir ? - Non.
Victor Hugo. - Est-ce Auguste Vacquerie ? - Oui.
Auguste Vacquerie. - As-tu une communication à me faire ? - Oui.
Auguste Vacquerie. - Parle. - La gloire ment.
Auguste Vacquerie. - Dis-tu cela pour toi ? - Oui.
Auguste Vacquerie. - Tu trouves donc que j'ai eu raison de te contester ? - Oui. Auguste Vacquerie. - Tu reconnais que tu as fait des pièces étriquées ? - J'étais gêné.
Auguste Vacquerie. - Est-ce un remords pour toi maintenant d'avoir laissé une réputation supérieure à ton œuvre ? - Ma perruque est roussie.
Auguste Vacquerie. - Qu'est-ce qui l'a roussie ? - Le feu.
Auguste Vacquerie. - Le feu de quoi ? - Du drame.
Auguste Vacquerie. - Que penses-tu d'Athalie - Grands vers.
Auguste Vacquerie. - Dans le monde où tu es, la littérature
a-t-elle encore quelque importance ? - Elle est un écho.
La séance est finie à trois heures et demie du matin.)
Source : Jules Bois, Miracle moderne, Paris, 1907. Bernard gros-retz, Le Visionnaire de Guernesey, Paris, 1976. Victor hugo, « Procès-verbaux des tables parlantes de Jersey ». Texte établi et commenté par Jean et Sheila gaudon, Œuvres complètes, tome IX, Club Français du Livre. Maurice levaillant, La Crise mystique de Victor Hugo, Paris, 1954. Denis saurat, Victor Hugo et les dieux du peuple, Paris, 1948. Gustave simon, Les Tables tournantes de Jersey, Paris, 1923.
Source : Outre vie
4.10.08
19.9.08
30.8.08
Abott You ?
L'homme sage en a eu assez d'être malade, donc il n'est plus malade."
- Lao Tzu -
28.6.08
13.3.08
Le Secret
29.2.08
Qui a peint Mathurine ?

Un couple de retraités costarmoricains est persuadé qu’il a trouvé l’un des tout derniers tableaux de Léonard de Vinci. Les experts refusent de se prononcer.
17.2.08
Nicolas Sarkozy, la France et Israël
Nicolas Sarkozy était le 13 févier 2008 l’invité d’honneur du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). À cette occasion, il a prononcé un discours particulièrement important précisant sa conception du rôle des religions et fixant les grandes lignes de la nouvelle politique israélienne de la France.
Le contenu central de cette intervention a été éclipsé par une polémique sur sa lubie du jour. En effet, en conclusion de son allocution, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il avait solitairement décidé d’associer chaque enfant de CM2 à la mémoire d’un enfant français victime des nazis. Laissons de côté cette conception autocratique de l’exercice du pouvoir et cette volonté d’embrigadement des enfants de dix ans, même si elles sont révélatrices du tournant brutalement anti-démocratique du fonctionnement des institutions françaises, et revenons-en au dîner du CRIF et au fond du propos du président de la République.
Contrairement à son intitulé, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) n’est pas —ou plutôt n’est plus— représentatif de tous les juifs de France. Si, à l’époque où il était présidé par l’avocat Théo Klein, il apportait un soutien critique à l’État d’Israël, il s’est aujourd’hui transformé en simple courroie de transmission du mouvement sioniste. Désormais, il lutte contre la République française, accusant d’« assimilationnisme » les juifs républicains héritiers de la Révolution et de l’abbé Grégoire. Il agit comme un lobby à l’américaine et entretient d’ailleurs des liens étroits avec l’AIPAC et l’AJC aux États-Unis. De 2001 à 2006, il était présidé par le banquier Roger Cukierman, secrétaire général de la financière Rothschild, qui en a considérablement durci ses positions. Il est aujourd’hui présidé par le cardiologue Richard Prasquier, également lié à la dynastie Rothschild.
Le dîner annuel du CRIF s’est progressivement imposé comme un événement mondain parisien. S’y montrer, c’est manifester son soutien à Israël et laisser entendre que l’on bénéficie soi-même de l’appui de ce lobby. Compte tenu de l’influence supposée de cette organisation, tout ce qui compte d’opportunistes en politique fait donc des pieds et des mains pour y être invité, quitte à payer chèrement sa place, car cette soirée de gala n’est pas gratuite.
Si des parlementaires et des membres du gouvernement s’y bousculent, le président de la République ne s’y rend jamais car sa fonction lui interdit d’apporter un soutien ostensible à quelque groupe de pression que ce soit. François Mitterrand a cependant dérogé une fois à cette règle (en 1991) pour des motifs électoralistes qui ne sont pas à son honneur. Nicolas Sarkozy, quant à lui, revendique au contraire d’user et d’abuser de sa fonction de président de la République pour favoriser ses amis. Ayant déjà honoré de sa présence les réunions de divers lobbys, il pouvait bien participer à celle du CRIF.
C’est donc devant un millier d’invités acquis au sionisme, ou feignant de l’être, dont la quasi-totalité de son gouvernement, que Nicolas Sarkozy a défini la nouvelle politique israélienne de la France. L’événement était retransmis en direct sur la chaîne parlementaire et sur la chaine d’opinion Guysen TV. En effet en vertu du principe du deux poids deux mesures, alors qu’Al-Manar a été interdite en France par crainte de voir importer dans le pays les conflits du Proche-Orient, Guysen TV —qui a les mêmes caractéristiques, mais au service de l’occupation israélienne— a par contre été autorisée.
* * *
Pour comprendre l’enjeu de ce qui va suivre, un bref retour en arrière est nécessaire.
Historiquement, la France s’est appuyée sur la population juive d’Afrique du Nord pour contrôler la population musulmane d’Algérie (décret Crémieux de 1870), puis sur la colonie juive israélienne pour lutter contre la souveraineté de l’Égypte indépendante sur le canal de Suez et contre les réseaux internationaux du FLN algérien. Mais lorsqu’en 1961, privilégiant ses principes sur ses intérêts, la France rompit avec la colonisation, elle prit ses distances avec Israël.
Ce que Charles De Gaulle résumait dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967 en déclarant : « une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié, de coopération, qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être, aujourd’hui, une des bases fondamentales de notre action extérieure (…) À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet un État d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments, donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté, pour l’agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi, d’ailleurs, la Ve République s’était dégagée vis-à-vis d’Israël des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet État et s’était appliqué, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient ». Plus encore, lors de la même conférence, il exprimait l’inquiètude que « les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles ».
De 1961 à 2007, la France de De Gaulle, de Pompidou, de Giscard d’Estaing, de Mitterrand et de Chirac se pensa tant bien que mal en champion de l’indépendance et de la souveraineté des États ; une idée qui culmina avec son opposition à la colonisation de l’Irak. Cette œuvre grandiose permit à la France d’acquérir un prestige et d’exercer une influence bien supérieurs à sa puissance économique et militaire.
Nicolas Sarkozy, quant à lui, opère une rupture avec ses cinq prédécesseurs. Il imagine restaurer le parti colonial, non plus dans une rivalité entre Français et Anglo-Saxons, mais au sein d’un empire transatlantique en formation, où la classe dirigeante commune aux États-Unis et à l’Union européenne ambitionne d’exercer collectivement une domination globale.
Dans cette perspective, l’année 2008, qui correspond au 60ème anniversaire de la proclamation unilatérale d’indépendance de l’État d’Israël, devrait être celle d’un rapprochement spectaculaire entre Paris et Tel-Aviv. Qu’on en juge par le programme :
13 février : participation du président de la République française au dîner du CRIF ;
10 au 14 mars : première visite d’État d’un chef d’État étranger en France depuis l’élection de Nicolas Sarkozy consacrée à la réception du président d’Israël, Shimon Peres ;
23 au 27 mars : Salon du livre de Paris avec l’État d’Israël comme invité d’honneur et la réception de 89 écrivains israéliens exclusivement de langue hébraïque (aucun russophone, ni arabophone) ;
Mai : voyage de Nicolas Sarkoy en Israël avec dépôt de gerbe au Mémorial Yad Vashem et discours devant la Knesset ;
1er juillet : à l’occasion de la prise par la France de la présidence semestrielle tournante de l’Union européenne, relance des divers programmes de coopération euro-israéliens.
13 juillet : sommet préparatoire de l’Union méditéranéenne, sorte de Cheval de Troie permettant de contourner le Processus de Barcelone pour faire entrer Israël dans l’Union européenne.
14 juillet : invitation des Forces armées israéliennes et de la Garde présidentielle palestinienne à défiler lors de la fête nationale française (Pour la première fois depuis 1945, une armée d’occupation et une milice collaborationniste défileront sur les Champs-Élysées).
Ceci étant posé, le président de la République a longuement expliqué aux responsables et invités du CRIF la position de la France face au conflit israélo-arabe. Elle repose avant tout sur un principe : « La France ne transigera jamais sur la sécurité d’Israël », lequel n’empêche évidemment pas de dialoguer et de faire des affaires avec les États arabes. Il fixe toutefois une limite : « Moi, je ne rencontrerai pas et je ne serrerai pas la main à des gens qui refusent de reconnaître l’existence d’Israël » (une limite qui vise des partis politiques comme le Hamas et le Hezbollah et des États comme la Syrie et l’Iran, mais qu’il a oublié lors de la libération des infirmières bulgares et de la visite en France du président Khadafi).
Là n’est pas le plus important. Le président de la République a surtout affirmé que, dans la foulée de la Conférence d’Annapolis, la France soutient désormais « la solution à deux États », c’est-à-dire qu’elle renonce à l’application du plan de partage de la Palestine de 1948 et à la création d’un État binational ; une option qui est discutée depuis l’Accord d’Oslo mais qui laissait jusqu’à présent ouverte la définition de ce que serait un État palestinien.
Cette position n’a pas été adoptée à la demande des deux parties concernées, mais « dans l’intérêt même d’Israël, pour sa sécurité et sa pérennité ». Elle a été approuvée par le president de l’Autorité palestinienne, mais rejetée par le Hamas. Aussi, peut-on parler à propos de cette évolution d’un « tournant historique que nous devons au courage du président Mahmoud Abbas et du Premier ministre Ehud Olmert » (le lecteur du site Internet de la présidence française, remarquera que, dans la transcription de ce discours, les noms patronymiques sont tous écris en capitales, sauf celui du président Abbas qui est en minuscules. On a les symboles que l’on peut).
Dans cette perspective, la France attend d’Israël « la levée de barrages, la réouverture de points de passage à Gaza pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, la libération en plus grand nombre de prisonniers, la réouverture des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est. [De plus] les Palestiniens doivent pouvoir disposer de leur territoire et le mettre en valeur ».
Autant de mesures qui sont présentées par le président Sarkozy comme des exigences que la France impartiale énonce avec fermeté. « Je le dis parce que je le pense et je n’ai que faire de ces discours d’amitié qui ne disent jamais ce qu’ils pensent (…) Il y a déjà eu assez de souffrance et c’est maintenant qu’il faut trouver un accord et j’irai d’ailleurs le dire auprès de l’autorité Palestinienne au mois de mai et je le dirai à la Knesset. Un ami, c’est quelqu’un qui vous dit ce qu’il pense ».
En réalité ces « exigences » sont des cadeaux faits à Israël, car elles sont très en-deça des résolutions pertinentes de l’ONU. Il n’est aucunement question de restitution des territoires conquis, ni de retour des réfugiés. Ces pseudo-exigences se bornent à quelques aménagements de l’occupation, tel que l’État d’Israël lui-même en prend régulièrement l’initiative.
De manière toute diplomatique, le parti pris est d’ailleurs énoncé par défaut : « La France, n’interfèrera pas dans les négociations en cours, mais la France apportera tout l’appui nécessaire pour encourager l’ensemble des parties à avancer car il s’agit d’une occasion exceptionnelle. Et la France sera au côté du peuple israélien et sera au côté des Palestiniens pour les aider à construire ensemble un avenir de réconciliation ». Notez : pour résoudre le conflit de territoire, le président français parle d’un « peuple israélien » qu’il oppose aux « Palestiniens » —qui, eux, ne forment pas un peuple—, reprenant implicitement à son compte le slogan de Zeev Jabotinsky de la « terre sans peuple pour un peuple sans terre ».
Il existe toutefois une condition à laquelle les Palestiniens pourraient former un peuple. Elle a été énoncée à la veille de la Conférence d’Annapolis par le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak : il faudrait que l’Autorité palestinienne reconnaîsse qu’« Israël est la patrie du peuple juif et l’État palestinien la patrie du peuple palestinien ». Une formule qui bouleverse la donne puisqu’elle autorise le nettoyage ethnique de la region : les citoyens israéliens non-juifs se verraient déchus de leur nationalité et naturalisés palestiniens.
Cette surenchère israélienne avait été écartée à Annapolis, mais avait finalement été approuvée par George W. Bush, le 10 janvier 2008, lorsqu’il déclara : « L’accord doit établir la Palestine comme patrie du peuple palestinien, de même qu’Israël est la terre du peuple juif ».
La France s’y rallie à son tour : « J’ai proposé un nouveau concept qui est celui de deux États-Nations et pas simplement de deux États, ce qui résoudrait le problème des réfugiés, parce que je sais parfaitement qu’il y a deux façons de détruire Israël, l’une de l’extérieur et l’une de l’intérieur ». Traduction : la France substitue au projet d’État unique binational dans lequel chaque citoyen serait libre et égal, un projet de deux États ethniquement homogènes car la poussée démographique des citoyens israéliens non-juifs ferait perdre à terme à Israël son caractère d’État juif.
Une autre conséquence de cette position avait déjà été annoncée par le président Sarkozy lors de la Conférence internationale des donateurs pour l’État palestinien, le 17 décembre 2007. Il avait évoqué, dans son discours d’ouverture « un État palestinien indépendant et démocratique, dans lequel les Palestiniens, où qu’ils se trouvent, se reconnaîtront ». Ainsi, les millions de Palestiniens actuellement déplacés dans la région passeraient du statut d’apatrides à celui d’émigrés car ils seraient juridiquement rattachés à un État palestinien souverain. Ce faisant, ils perdraient tout droit sur les terres et les biens qu’ils ont été contraints d’abandonner en Israël.
Hind Khoury, déléguée générale de la Palestine, présente à cette soirée n’a pas fait de commentaires.
* * *
Il serait tentant d’expliquer la rupture prônée par Nicolas Sarkozy en fonction de sa personnalité. En conflit avec son père, auquel il a intenté un procès, il voudrait « tuer le père » en détruisant l’œuvre de ses prédécesseurs. Ou encore, il se comporterait comme un zélote depuis la découverte tardive, à l’adolescence, de son origine juive. Mais la politique d’un État de cette dimension ne peut être réduite à la psychologie d’une seul homme. La restauration du parti colonial s’accompagne d’ailleurs de nominations et de réformes structurelles qui laissent entrevoir la profondeur du changement.
Nicolas Sarkozy a choisi comme ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, l’homme qui publicisa le principe d’« ingérence humanitaire ». Or, loin d’être une idée neuve, l’ingérence humanitaire est un argument inventé par la Couronne britannique au XIXe siècle pour coloniser les territoires de l’Empire ottoman. En 1999, cet argument fut utilisé par les Anglo-Saxons pour bombarder le Kosovo… dont Bernard Kouchner devint gouverneur, et qui vient d’être placé sous administration de l’Union européenne à l’occasion de sa pseudo-indépendance.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a créé un secrétariat d’État aux Droits de l’homme rattaché au ministère des Affaires étrangères. Ce faisant, la France a officiellement rompu avec la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 pour adopter l’idéologie des Droits de l’homme (tout court) dans sa version anglo-saxonne de « bonne gouvernance ». Il ne s’agit plus de promouvoir la souveraineté populaire, mais uniquement de lutter contre les excès de pouvoir. L’opposition entre les deux définitions des Droits de l’homme est connue depuis longtemps et a été théorisée au XVIIIe siècle par Thomas Paine, l’essayiste britannique qui déclencha la guerre d’indépendance des États-Unis avant de devenir député à la Convention française.
Au demeurant, ce secrétariat aux Droits de l’homme a deux activités principales. La première consiste à populariser la guerre des civilisations, par exemple en mettant en scène la biographie imaginaire de l’ex-députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, une employée des néoconservateurs états-uniens (elle est salariée de l’AEI de Richard Perle et Paul Wolfowitz). La seconde activité, de loin la plus importante, est de préparer le sabotage de la conférence de suivi des Nations Unies contre le racisme et la xénophobie (Durban II). La secrétaire d’État, Rama Yade, veille à ce que cette conférence n’examine pas la question du sionisme et ne requalifie pas cette idéologie coloniale de « racisme ». Au besoin, elle coordonne un possible boycott de la conférence par les États membres de l’Union européenne et les États-Unis.
En politique étrangère, la rupture sarkozyenne est donc beaucoup plus vaste qu’on ne le perçoit. Elle remet en cause les idéaux de la Révolution française. Il n’est pas sûr que les Français l’acceptent car il est des ruptures qui sont des trahisons.
Thierry Meyssan
29.12.07
Soleil se lance dans l'ésotérisme
Souvent assimilées au domaine de l’héroïc-fantasy, les éditions Soleil se passionnent désormais pour les univers ésotériques. Deux nouvelles collections sont annoncées… en compagnie d’un titre leader : l’adaptation BD du Testament des Siècles, le fameux best-seller d’Henri Lœvenbruck…
Le Testament des Siècles est le premier album des « Secrets du Vatican », la nouvelle et ambitieuse collection ésotérique de l’éditeur Soleil. Il s’inscrit dans la lignée des remises en cause du dogme catholique et des évocations du fonctionnement secret de l’Église, démarrée avec Le Triangle Secret de Didier Convard et consorts, ou l’adaptation BD de Qumran d’Aliette Abecassis par Pierre Makyo chez Glénat, Le Messager d’Hervé Richez chez Bamboo, voire Le Janitor d’Yves Sente chez Dargaud.
Damien Louvel, jeune français émigré à New-York, devenu scénariste pour la télévision, apprend la mort brutale de son père en pleine nuit dans le petit village provençal de Gordes où ce dernier venait de s’installer. Convoqué à Paris chez le notaire, il découvre une face nouvelle du défunt qui le trouble. Aidé par une séduisante journaliste, Diane de Saint-Elbe, il se précipite à son corps défendant dans une dangereuse enquête autour d’une mystérieuse pierre de Iorden qui l’entraîne dans des univers inconnus et l’oppose à des sociétés secrètes.
Ce thriller rythmé et intéressant rappelle l’atmosphère du fameux Da Vinci Code, ce qu’un autocollant en couverture souligne. Son auteur, Henri Lœvenbruck, l’a d’ailleurs écrit à la même époque. Il réussit cette adaptation BD avec l’aide de Nicolas Jarry, romancier et auteur BD, déjà scénariste de l’excellente série La Rose et la Croix chez le même éditeur. Le dessinateur Christian Pacurariu avait participé aux Légendes de la Table ronde de Ronan Le Breton dans la collection « Soleil Celtic ». Il se plie ici, avec plus ou moins de bonheur, au style contemporain réaliste. À noter une magnifique couverture réalisée par Djief.
Nouvelles collections chez Soleil
Les éditions Soleil, l’un des éditeurs diffusés par Delsol (alliance avec Delcourt), multiplient les collections alors que d’autres - comme Le Lombard - tentent de se recentrer. Après « Soleil Celtic » qui rassemble des albums de styles très variés sur le thème de la Bretagne, son directeur de collection Jean-Luc Istin crée deux nouvelles collections :
- « Terres secrètes » avec des titres comme Corpus Hermeticum (par Missoge et Fino), Le Syndrôme de Caïn (par Tackian et Mutti) dont les trois premiers tomes sont prévus pour janvier 2008 et La XIe Plaie (par Syve et Jud) à paraître aussi en janvier 2008.
- « Secrets du Vatican » avec une dizaine de titres prévus en 2008 : après le premier volume du Testament des Siècles, adaptation BD du thriller de Loevenbruck par Jarry et Pacurariu, viendront Les Carnets Secrets du Vatican (trois tomes prévus de janvier à mai 2008) par Novy et Popescu, puis L’Antichristus, L’Atlandide Experiment, Le Cinquième Évangile, L’Ordre des Dragons et Succubes.
Après la collection « Loge Noire » de Glénat - au bilan finalement assez mitigé malgré l’immense succès du Triangle Secret - et des séries comme Le Janitor chez Dargaud, Soleil plonge donc à son tour dans l’ésotérisme et les mystères de l’Église catholique.
Le pari est de proposer des séries aux sorties rapprochées pour encourager les libraires à les conserver en rayon, rassurer les lecteurs impatients et/ou échaudés par l’absence de continuité d’une série, élargir la base des lecteurs avec des sujets à la mode. Pour se faire, l’éditeur a souvent fait appel à de jeunes auteurs, notamment italiens et roumains.
Le lancement de la collection « Secrets du Vatican » est prévu le 23 janvier, pendant le festival international d’Angoulême.
Source : AURACAN
18.12.07
Un monde invisible et incroyable
Une petite fille nous conduit devant la demeure d'une famille elfe. Il s'agit d'un gros rocher grisâtre, en bordure de prairie. Ils y vivent à l'intérieur et elle a la chance de les voir régulièrement.
Vigdís Finnbogadóttir, qui fut la première femme au monde à être élue présidente de la république, nous précise qu'en Islande les elfes sont pris très au sérieux. Elle attribue cela au fait que son pays a été très peu touché par le christianisme, qui s'est toujours battu contre les croyances et cultes païens, au point de les faire disparaître. En Islande, les cultures ancestrales ont pu garder tout leur poids. Ce n'est pas le druide que nous voyons célébrer un mariage qui dira le contraire.
Le ministre des transports se réjouit de disposer d'une carte du monde invisible, qui repère les habitations d'elfes. Elle l'aide à ne pas les endommager lorsque des travaux de voirie sont planifiés.
Les témoignages se succèdent, consistants, cohérents.
Une enseignante d'un collège situé en bordure de lac, décrit la vision d'un monstre aquatique, aussitôt confirmée par de nombreux élèves. Un propriétaire d'hôtel fait le tour de ses chambres avec un medium pour dialoguer avec les fantômes résidents, aidant certains à retrouver le chemin de la lumière, rassurant d'autres sur les bonnes intentions du maître des lieux à leur égard.
Un père medium explique le rôle crucial de l'éducation. Tous les enfants racontent des expériences de contact avec des êtres extraordinaires. Lui ne leur dit pas que ce sont des sottises. Il les écoute et croit en leurs histoires. Ce faisant il laisse ouverts, chez ses enfants, des canaux de perception qui, sinon , perdraient toute sensibilité.
Tout ceci parait bien déroutant à notre esprit forgé par la rationalité scientifique. Comment est-ce possible ?
Un chercheur en physique quantique propose une métaphore : l'homme est comme une radio qui ne serait capable de percevoir que 0,5% des fréquences émises. Pourquoi alors s'étonner de ne pas comprendre les 99,5% restantes ? Il rappelle également que l'Islande se trouve à la jonction des plaques tectoniques américaine et européenne, ce qui engendre des anomalies gravitationnelles.
Alors, à cet instant, vous qui lisez ces quelques lignes : que pensez-vous ?
- ne seraient-ils pas un peu fous dans ce pays !
ou bien
- quelles qualités de clairvoyance !
Pour regarder un tel film ou aborder tout phénomène surprenant, une solution : suspendre son jugement.
Ecouter, voir, ressentir, s'émouvoir, imaginer, capter, sans décider si c'est vrai ou faux, sans chercher s'il faut y croire ou non, parce que justement l'incroyable ne s'aborde pas à renforts de croyances sous peine de se saborder.
Comme l'a dit Bodhidharma :
“Le conflit entre le pour et le contre,
Voilà la maladie de l'esprit“
Appréhender les expériences extraordinaires sous l'angle de la réflexion est voué à l'échec.
La réflexion juge, classe, compare des données en s'appuyant sur les croyances. Ce faisant, elle tente de rapprocher ces informations entrantes avec un référentiel capable de n'évaluer que des situations habituelles et déjà répertoriées. La sanction est alors impitoyable et l'esprit se ferme totalement à la réception d'informations jugées pernicieuses ou bien il s'en amuse et leur colle une étiquette dénigrante pour protéger la conscience d'une exploration trop dangereuse. La peur de l'inconnu !
L'esprit s'ouvre à mesure que la réflexion s'estompe.
La réflexion agit comme un diaphragme. Plus il se ferme plus la lumière se diffracte et irradie, augmentant la profondeur de champ, agrandissant la zone de netteté, dévoilant alors les contours de ce Monde Invisible.
Prochaine soirée : le jeudi 24 janvier 2008 pour la projection du film "VOIR (sans les yeux)“, de Marie Mandy, qui tente de simuler la perception du monde qu'ont les non voyants.
Source : Selfway


