5.3.11

L'acte juste...

On ne détruit pas les ténèbres en luttant contre elles, mais en allumant la lumière.
On ne détruit pas le mal en luttant contre lui, mais en faisant le bien.
On ne détruit pas la haine ou la peur en s’acharnant contre elles, mais en laissant monter la tendresse-amour.
C’est en allant vers l’est que l’on s’éloigne de l’ouest.
C’est en allant vers plus de vie qu’on dépasse la mort.
C’est en allant vers ce qui dure qu’on est libre de ce qui ne dure pas.

Placide Gaboury, Paroles pour le coeur

Source : G

22.1.10

La lecture, source d'évolution de (prise de) conscience

J'ai déjà beaucoup lu et je dois aussi penser à relire car pour s'imprégner, il faut approfondir... Ne m'a-t-on pas élevé avec cette devise scolaire : "comprendre, c'est savoir ré-expliquer" ?

J'ai donc du boulot !

J'entame néanmoins la lecture du livre de Jonathan BLACK " L'Histoire Secrète du Monde " ...

Ca démarre parfaitement en phase avec l'intitulé de ce blog...

5.9.09

Le Grand Orient de France se prononce contre l'initiation des femmes.

A la question de l'initiation des femmes, les délégués des 1.200 loges de la plus importante obédience maçonnique française "ont répondu "non" à 56%", a indiqué à l'AFP Gérard Contremoulin, chargé de la communication du Grand Orient. 


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"Ce matin, le Convent du Grand Orient De France, réuni à Lyon, a décidé, par une majorité significative, de ne pas recevoir en son sein des femmes ...

(...) L'avenir du Grand Orient De France, dans cette perspective, c'est une anesthésie douce qui le verra muter pour devenir le pendant français des Obédiences anglo-saxonnes, des réunions de notables qui conservent l'acquis et s'en contentent" ... 



La suite sur le blog de Candice


Source : AFP

3.4.09

"Les Gardiens du Sang"

       
Les Gardiens du Sang - Ma-Tvideo France2

Bande-annonce des Gardiens du Sang

Paris. De nos jours. Quelques années avant les événements que l’Histoire retiendra sous le nom de “Triangle secret”. Deux étudiants en théologie conversent passionnément dans les allées du séminaire de Saint Sulpice. Un journaliste vient en effet de révéler l’existence d’une milice secrète placée sous la houlette du Vatican : les Gardiens du sang. Particulièrement incriminé dans l’article, le Cardinal Motteli, consultant en Génétique auprès du Pape, et dont il se susurre qu’il occuperait une place de choix dans l’organisation... Si ce n’est que dorénavant Mottelli occupera une place de choix dans la mémoire de ses pairs. Puisqu’alors que les étudiants passent devant son bureau, il en voient sortir un jeune homme tâché de sang. Et le couteau encore rouge et frais du sang du Cardinal qu’il vient de tuer... Le jeune homme, Jean Nomane, s’enfuit prestement. On ne sait rien du fuyard. Juste qu’il avait disparu de la circulation ces trois dernières années. Sans doute parce qu’il avait beaucoup à se reprocher. A moins qu’il n’ait mis le doigt sur un terrible secret...

Après Le Triangle secret et INRI, Didier Convard, pionnier et maître du courant ésotérique en BD, livre avec Les Gardiens du sang, toujours servi par la rugueuse efficacité de Denis Falque, une nouvelle démonstration de son incroyable talent. Et une nouvelle preuve de l’existence de mystères profondément enfouis dans les replis de l’Histoire. Mystères qui pourraient bien bouleverser notre perception du monde...

22.3.09

L’honneur de René Guénon et l’Orient Orthodoxe

Par Thierry JOLIF

L’honneur de René Guénon est d’avoir eu raison contre son temps, mais aussi de n’avoir pas dévié du sens de sa mission ; à savoir : “réorienter” ce qui pouvait l’être dans le monde moderne. Le fait de constater que, à strictement parler, la modernité est, en fait, “l’occidentalité” elle-même a déjà été largement débattu et, si d’aucuns, lecteurs attentifs de Guénon, ont pu juger opportun de déclarer que la vision guénonienne de l’Orient était par trop partiale, voir partielle et subjective, il n’en demeure pas moins incontestable que, ce qu’il y a de “moderniste” dans les civilisations orientales depuis une centaine d’années a, bel et bien, pour origine l’Occident, au sens le plus large.

Outre cette réserve, il est également de bon ton aujourd’hui, que chacun de ceux qui se mêlent d’écrire sur et autour de la Tradition, y aillent de son petit paragraphe “personnel” sur l’erreur de Guénon, c’est-à-dire son “analyse” du Christianisme et de l’ésotérisme chrétien en particulier.

Il semble bien, en effet, qu’un certain nombre de lecteurs de René Guénon connaissent quelque troubles dans leur “tentative” de concilier christianisme et “guénonisme”, comme si l’un et l’autre pouvait avoir une commune mesure.

Nous voudrions rappeler ici, tout d’abord, deux données essentielles. Primo, c’est la plus simple à dire et à entendre : le “guénonisme”, précisément n’existe pas et n’a pas même à exister. René Guénon a “appelé” ceux qui le pouvaient à reprendre un contact vivant avec leur, ou une, tradition vivante. Il a exposé très clairement, et magistralement selon nous, pourquoi et comment ! Secundo, il a, précisément, exposé et explicité cela à l’intention particulière des “occidentaux”. On a déjà, et avec force raison, écrit, et dit, que l’œuvre de René Guénon était inutile, voir superfétatoire, pour, par exemple, un moine de l’Athos, un initié soufi ou taoïste ou encore un lama bouddhiste. Tout au contraire est-elle strictement nécessaire aux occidentaux qui, en toute logique, devraient être chrétiens …

Le problème, si c’en est un, est justement là ; car, lorsque René Guénon écrivait et vivait encore en France, que lui fut-il donné de rencontrer en la matière ? Des chrétiens certes, mais d’une part Francs-Maçons, gnostiques, “hermétistes”, symbolistes ou occultistes et, d’autre part néo-thomistes … Et, René Guénon, “témoin et passeur de la Tradition” d’écrire pour ou contre ces gens-là très spécialement. Négativement pour opposer à toutes les influences délétères la clarté des enseignements sapientiaux ; positivement pour rappeler énergiquement l’aspect proprement essentiel, donc éminemment vital, de ces enseignements.

En toute logique, si cela devait être fait c’est qu’il manquait bien quelque chose ! La confusion des ordres et des domaines résultait bien de ce manque cruel. Et nous pouvons affirmer avec René Guénon que ce qui manquait c’était bien, en définitive, le sens de la Tradition, sa présence et le lien qui y unit. Quand à savoir d’où et de quand provenait cette perte … la réponse aussi faisait défaut !

L’Orient est vaste. Celui auquel s’abreuva René Guénon fut celui de l’Inde, celui de la humma musulmane, du Taoïsme aussi … mais il y manqua celui de l’Orthodoxie ! Lui en faire le reproche aujourd’hui serait abusif et ce, d’autant qu’il avait, par ailleurs, judicieusement cerné les causes du problème soulevé par la compréhension de l’ésotérisme chrétien en Occident.

Il semble bien, en effet, que le passage d’une tradition “polythéiste” à la voie “monothéiste” n’ait pas été vécu aussi douloureusement en Grèce, puis dans les pays slaves, « lorsque Byzance répandit la flamme de la foi dans l’espace hyperboréen », pour reprendre l’heureuse formule de Serge Boulgakov ; qu’il le fut en Occident où, par ailleurs, il advint que, plus tard, le christianisme s’incorpora, plus qu’ailleurs le légalisme romain. Avant même l’avènement glorieux de la voie christique, toutes les initiations plus ou moins orthodoxes, se tenaient, à Rome, face à ce “légalisme politico-religieux” et opposaient à son ritualisme, certes nécessaire, les voies spirituelles visant rien moins qu’à l’intériorisation, par chaque initié, de l’enseignement le plus subtil des religions.

L’Eglise, de par sa vocation “universelle”, vocation “unifiante”, dût donc trouver et tâcher de conserver un subtil équilibre entre “religiosité politique et légaliste” et voie spirituelle vivante et doctrine “intériorisante”. Deux attitudes s’affirmait qui ne tardèrent pas à s’opposer, jusqu’à la rupture … « la robe sans couture fut déchirée » !

Dans son ouvrage, Le Graal roman[1], Nikos Vardhikas, pressent bien le mythe et les légendes du saint Graal comme un ultime soubresaut de la Tradition indivise … L’origine celtique, aujourd’hui reconnue, de ces légendes semble donner raison à ce pressentiment. En effet, les Eglises dites celtiques, gardèrent, par delà le respect et l’obéissance du à Rome, de profonds rapports avec l’Eglise d’Orient et sa théologie. Le Grec fut, par exemple, à égalité avec le Latin, la langue de diffusion de la théologie en Irlande (certaines paroisses pratiquaient même des Liturgies en langue grecque …)[2] …

On connaît assez les différents qui opposèrent les tenants de la tradition “romaine” et ceux de l’irlandaise (ou celtique), sur la date de Pâques, la Liturgie et même la conception du monachisme … mais on constate trop peu souvent que c’est après l’acceptation des normes “romaines” que commencent à fleurir les légendes arthuriennes, c’est aussi peu de temps après le grand schisme[3] … Mais nous trouvons également dans cette continuité les origines, admises par certains, de la Franc-Maçonnerie organisée[4], que l’on lie, le plus souvent, et sans “preuves tangibles”, avec l’Ordre du Temple … Mais, nous n’aurons pas ici le temps d’aller plus loin dans cette voie. Toutefois, nous voulons, précisément attirer l’attention de nos lecteurs sur ce point que, René Guénon, avait, bel et bien raison de reconnaître l’ésotérisme chrétien dans le foisonnement de ces récits … ce qui manqua ce fut l’essentiel, à savoir la possibilité de revivifier l’enseignement qu’ils contenaient. Mais, les choix faits par l’Eglise d’Occident, au lieu de ramener à Elle et en Elle ces précieux enseignements, les en éloignèrent plus encore, et ceux-ci se cristallisèrent dans des formes diverses, selon les milieux rencontrés pour aboutir à l’opposition flagrante d’un exotérisme et d’un ésotérisme, tous deux se figurant être “absolu et unique”[5]. Et, cela René Guénon l’a constaté ! Ce que certains lui reprochent aujourd’hui tient au fait de cette réalité historique et spirituelle … l’honneur de René Guénon c’est aussi d’avoir tenu compte de ces réalités-là dans la perspective et la mission qui étaient siennes …

Afin d’étayer notre propos nous voudrions nous arrêter sur la notion de “Paternité spirituelle”. En effet, si René Guénon a continuellement insisté sur l’importance de la transmission traditionnelle de la spiritualité la plus pure, ce n’est pas un hasard et, si cette notion se trouve, bien que parfois masquée par des développements aventureux, au cœur des récits arthuriens ce n’est pas, non plus, par hasard …

Or, la spiritualité Orthodoxe, à toujours offert la possibilité de l’épanouissement de cette notion primordiale.

Les conseils des différents ermites aux chevaliers, dans les récits arthuriens, s’apparentent tous, de près ou de loin, à la tradition des la prière perpétuelle et de la théosis. Ces saints personnages, en tout cas, ressortissent bien de l’image couramment admise du “Père spirituel”.

Ignace Brianchaninov appelle la paternité spirituelle : le « sacrement de filiation ». Il précise d’ailleurs, en accord avec la tradition Orthodoxe, qu’un Père spirituel n’est pas « un maître qui enseigne mais un “père” qui engendre ».

En outre l’Eglise reconnaît, dans son usage du mot “père” deux traditions distinctes : d’une part la “paternité fonctionnelle” (qui remonte à saint Ignace d’Antioche) qui fait que l’on appelle “père” tout Evêque ou prêtre en fonction de son sacerdoce ; d’autre part la “paternité spirituelle”, proprement dites, qui remonte aux Pères du désert, moines ou laïcs (saint Antoine, par exemple, était un laïc). Plus proche de nous dans le temps, Paul Evdokimov rappellera, quant à lui, que la condition essentielle qui légitime un Père spirituel c’est « d’être d’abord devenu soi-même pneumatikos ». Saint Syméon le Nouveau Théologien disait lui : « Pour donner l’Esprit Saint il faut l’avoir ».

Il se révèle donc, à travers cet usage du terme “père”, deux pratiques qui rejoignent ce que René Guénon nommait, faute de mieux, de son propre aveux, l’exotérisme et l’ésotérisme ou, la religion fonctionnelle et la voie spirituelle d’intériorisation, d’indentification et d’Union, les deux n’étant, dans ce cas, nullement en contradiction ou en opposition l’une avec l’autre[6].

Paul Evdokimov rappelait également, et fort opportunément, que, selon les Pères : « tout croyant peut se faire “moine intériorisé” et trouver l’équivalent des vœux monastiques, exactement au même titre, dans les circonstances personnelles de sa vie, qu’il soit célibataire ou marié ». Ce qui est parfaitement affirmé par l’Eglise d’Orient pour laquelle tout baptisé passe, lors du sacrement de l’onction chrismale, par le rite de la tonsure qui le consacre entièrement au Seigneur. Ce rite, analogue au rite monastique, invite chacun à retrouver le sens du monachisme “intériorisé” que le sacrement enseigne à tous mais que tous ne peuvent réaliser …

Ces minces réflexions s’ajouteront, nous l’espérons, aux notes sur l’Hésychasme de Michel Valsan, et contribueront, si Dieu le veut, à faire apparaître que, contrairement à ce qu’une actuelle tendance, en Europe occidentale, voudrait faire accroire, la “pensée” traditionnelle revivifiée par René Guénon, ne s’oppose en rien à la véritable tradition chrétienne, mais que, bien au contraire, celle-là pourrait, fort opportunément, éclairer celle-ci (dans l’aire occidentale) sur ce qu’elle a manqué de conserver au cours de son “évolution”.

En conclusion, tout ceci démontre bien, nous semble-t-il, à qui connaît, en profondeur le message de René Guénon, à quel point ce dernier est tout à fait conforme à la tradition “orientale” du Christianisme !

(Paru, en roumain ; « Meritul lui René Guénon si Orientul Ortodox » in Oriens, Studii traditionale, Niome si Rostiri René Guénon, Edition Aion, 2006.)

[1] Nikos Vardhikas, Le Graal roman, 1997, Jean Curutchet / Editions Harriet…

[2] Par exemple le grec dit littéralement “triade” pour Trinité … ce qui ne devait pas manquer de constituer un attrait particulier pour les premiers théologiens et mystiques de l’Eglise d’Irlande

[3] La théorie des deux Glaives et la conception même d’un saint Empire, sont étrangers aux doctrines traditionnelles des Celtes. La conception celtique de l’Autorité spirituelle et du Pouvoir temporel fut bien plus proche de celle de l’Empire Byzantin et de la symphonie des Pouvoirs. Les traditions romaines et germaniques, dominées par une spiritualité à forte connotation kshatriya, ont imposées leurs perspectives dans les domaines spirituels et temporels. Elles ont forgés l’Occident !

[4] En Ecosse, par ailleurs, pays aux origines celtiques …

[5] Si le Pape, possède bien les attributs de Janus, dieu des initiations, pourquoi donc celles-ci devraient avoir besoin de s’organiser hors de l’Eglise, cherchant une arche autre que l’Arche ? Les évêques Orthodoxes, choisis parmi les moines, ont conservés sur leurs bâtons pastoraux le Caducée … symbole « hermétique » et, donc, ésotérique s’il en est …

[6] « Nous dirons, en précisant, que si un mystère n’est pas un secret, cela est particulièrement vrai du mystère chrétien, continuant la condition même du Dieu Incarné, à la fois offert dans sa plénitude à chacun, et invisible pour ceux qui ne le voient pas. On est, essentiellement dans un autre univers que celui de la doctrine ésotérique protégeant, par une initiation secrète, sa “vérité universelle” contre les psychiques et les hyliques. La distinction, elle-même extérieure, entre ésotérique et exotérique, est dépourvue de sens ici, car il ne s’agit plus d’une continuation cachée et niant le temps d’un passé sacré, mais d’une continuation de Présence, à chaque instant créatrice et vivifiante, - on dirait d’une contemporanéité de l’Esprit. ». Monseigneur André Scrima, cité in « Etudes et documents d’Hésychasme », Michel Valsan, Etudes Traditionnelles.

24.2.09

Le Voyage Alchimique

 

"Patrick Burensteinas nous offre ses compétences de scientifique et d'alchimiste pour nous faire comprendre toutes les implications de cet itinéraire.

Il nous fait entrer dans la cathédrale par la porte du nord, "le portail des alchimistes", et nous fait toucher la "pierre de décharge" qui nous met en accord avec le monument.

Alors peuvent résonner en nous les deux Vierges Noires, les couleurs de vitraux, les formes architecturales et bien entendu les cercles du fameux labyrinthe qui est l'aboutissement de ce périple."

Un film (DVD) de Georges Combe. Durée : 54 minutes.

Source: L'étoile du Mage

2.2.09

Esotérisme et Progrès

Le "progrès" qui devrait nous servir pour nous libérer du matériel afin de nous consacrer au spirituel est devenu un tyran.

Depuis des décennies ce terme de progrès occupe le devant de la scène de notre société, on en retient une idée forte d’évolution de notre société vers une société nécessairement « meilleure » et d’ailleurs seule cette idée de progrès pouvait nous donner le bonheur de l’existence. On parle donc du progrès économique, social, médical etc. et même les « forces de progrès » en politique. On voit bien là que ce merveilleux « progrès » ne concerne que ce qui touche à notre existence terrestre et notre état humain, donc au matériel.

Nous ajouterons ici que dans son livre « Orient et Occident », René Guénon nous donne une explication de la naissance de cette notion de progrès depuis la Renaissance et son évolution. Notons toutefois que cette notion de progrès qu’il réservait à l’Occident s’applique maintenant aussi à l’Orient qui avec une rapidité extraordinaire est en train de rejoindre l’Occident dans sa descente cyclique.

Notre démarche spirituelle traditionnelle, c’est-à-dire transcendante, nous conduit donc à chercher la Lumière grâce à la Connaissance afin de nous élever de notre état humain vers d’autres états dans le but de trouver l’Unité et la Délivrance. C’est donc bien une démarche de l’Esprit qui ne correspond pas à une démarche matérielle ; cette démarche se fait à l’aide de la concentration qui à été totalement remplacé dans notre monde par la dispersion. Cette Connaissance est bien le contraire du « progrès » et nous pouvons lui donner le nom d’ésotérisme.

Nous dirons simplement que lorsque l’on parle d’ésotérisme il faut savoir qu’il s’agit de l’intérieur d’une tradition. C’est-à-dire ce qui ne peut pas être vu ou compris par l’ensemble et nous verrons tout à l’heure que cette notion d’ensemble et d’élite n’a rien avoir avec une notion de supériorité des uns sur les autres. De la Tradition primordiale, sont nés des traditions qui s’adaptaient au moment dans lequel elles se trouvaient. Toutes ces traditions gardaient dans leur cœur ou leur noyau le Principe de la Tradition initiale, dépôt conservé précieusement. La religion catholique est bien une tradition au sens où nous l’avons définit au-dessus puisqu’elle est apparue en occident à un moment où cette partie du monde risquait de se trouver sans véritable tradition ce qui n’est pas loin d’être le cas aujourd’hui. Il est donc incontestable donc que cette tradition, sous la forme d’une religion en Occident, a bien un côté « extérieur » et un côté « intérieur ». Le côté extérieur ou exotérique se traduit par la pratique de la religion ; le côté intérieur ou ésotérique n’existe plus aujourd’hui si ce n’est au travers d’organisations initiatiques très éloignées de leur principe où l’initié devra séparer le bon grain de l’ivraie au moyen de l’Axe sacré transcendant. Pour être partiellement complet, il nous faut rajouter que même le coté religieux est amoindrie et que celui cherche l’unité devra tout d’abord étudier la doctrine pour réaliser le côté extérieur, c’est en dire en comprendre l’utilité et ainsi se dégager des scories contingentes et profanes qui envahissent le sacré de la religion. Pour parvenir à cette fin celui qui chemine devra ressentir cette étincelle qui est dans son cœur grâce à l’intuition intellectuelle et ensuite gravir la montagne de l’étude pour parvenir au sommet de la Connaissance. Ce symbole de la montagne est particulièrement adapté car le chemin est étroit, escarpé et très difficile. Aujourd’hui, un des moyens de réussir cette ascension est d’étudier les écrits de René Guénon.

Par la situation cyclique dans laquelle nous nous trouvons, nous devons uniquement nous consacrer à l’étude et à la réalisation et non pas à la discussion et la polémique stérile qui sont malheureusement les caractéristiques de notre monde actuel qui découlent de la place prépondérante qu’ont pris la contingence et le relatif, c’est-à-dire le profane qui remplace le sacré. Comme nous l’avons d’ailleurs déjà exprimé, cette situation cyclique est « normale » et le redressement ne pourra s’opérer que lors du changement de cycle. Néanmoins celui qui cherche son unité ne peut rester « passif », il doit tout mettre en œuvre à la place qui est la sienne pour étudier et réaliser la doctrine qui lui permettra alors d’être « passif » face aux évènements.

La question qui vient alors naturellement est celle de la méthode pour parvenir à cet état d’unité. La réponse est sans ambiguïté : il n’y a pas de méthode unique. Chaque individu étant intrinsèquement différend de tout autre chacun devra trouver la méthode qui conviendra à son individualité. Cette méthode passe au préalable par la réception de la Fiat lux et ensuite l’étude et la réalisation. Elle permet de dépasser l’individualité pour découvrir le « Soi » transcendant, Lumière présente dans les cœurs ; dépasser l’individualité correspond à la « connaissance de soi ».

L’ésotérisme chrétien, comme tout autre ésotérisme centre d’une tradition, n’admet pas le prosélytisme pour la raison très simple qu’il n’y a pas de méthode commune puisqu’il n’y a pas d’individus communs car chacun a les qualifications qui sont les siennes. Cette considération exclut de fait toute organisation qui cherche à augmenter le nombre de ses adeptes en proposant des « services » pour se rapprocher ou même pouvoir devenir « dieu ». C’est bien là le maximum que l’on peut atteindre pour celui qui veut rejeter la tradition. Cette même considération exclut en principe même toute organisation elle-même en tant qu’organisation profane. Enfin chacun suivant ses propres qualifications ne pourra suivre le chemin qui lui sera adapté.

Une autre considération sur l’ésotérisme chrétien peut être à ce moment ajouté c’est celle de la « supériorité » de ceux qui savent sur les autres. Le Principe nous permet justement de nous dégager du moi pour trouver le Soi véritable, c’est-à-dire nous libérer de la tyrannie de l’égo. Vouloir se placer au-dessus des autres c’est bien exactement le contraire puisque c’est mettre en avant son égo. Celui qui chemine et trouve son unité n’est pas au-dessus des autres, il est à la place qui est la sienne car il n’a fait qu’utiliser les moyens ou les qualifications qui sont les siennes. Quand nous parlons d’élite, nous parlons de ceux qui travaillent pour l’Esprit, car l’Esprit est bien au-dessus de la matière car ils ne se situent pas dans le même monde et effectivement s’il y a un lien hiérarchique entre l’Esprit et la matière il se situe au niveau des principes et certainement pas au niveau des individus.

Nous pouvons aujourd’hui dresser un bilan de ce « progrès » que nous avons érigé en divinité entouré de ses serviteurs dévoués : la laïcité et le moralisme (sentimentalisme). Jamais les individus de notre monde n’ont été autant « stressé » par l’évolution de ce même monde. Car chacun voit bien que ce « progrès » qui a conduit le monde occidental dans une impasse est en train d’effectuer la même chose avec l’Orient mais comment expliquer à ces individus qu’ils ne pourront pas y accéder car ce n’est pas bon alors que depuis des décennies notre propagande occidentale leur a expliqué que c’est notre fonctionnement qui était le meilleur ?
Comment refuser à ces individus d’avoir accès aux mêmes « biens » et « services » que nous car leur évolution numérique risque de mettre en péril notre situation écologique ?
Comment leur expliquer qu’il ne faut pas qu’ils suivent la même direction que nous non pas par idéal mais uniquement parce que nous sommes inquiets pour nous-même ?

C’est là un vrai défi pour nos mentalités jamais repues d’objectifs et d’actions. Nous ajoutons que nous ne contestons pas certains « progrès » réels c’est-à-dire qui touchent notre condition d’individu, ce que nous voyons c’est que ces « progrès » ont été et sont réalisés non pas dans un Axe sacré mais pour eux-mêmes et par conséquent érigé en dogme et doctrine. Nous les avons pris pour la direction finale alors qu’ils ne devaient être que des moyens pour justement nous libérer du matériel afin de nous consacrer au spirituel ; de libérateurs nous les avons transformés en fardeau du « toujours plus » auquel nous consacrons toute notre activité individuelle au détriment de la seule activité qui vaille : celle de l’Esprit.

Avons-nous oublié qu’à la fin de notre état humain nous laisserons tout ce matériel ? A cette objection, nos mentalités répondent : nous devons laisser quelque chose à notre descendance ! C’est la bête qui s’alimente elle-même. Nous n’avons pas pour objectif de faire « culpabiliser » nos contemporains sur cette situation ni nous lamenter vainement. D’ailleurs cela serait totalement inutile car nous nous trouvons, et les signes sont clairs, non loin de la fin d’un cycle (précisons ici qu’en matière traditionnelle un cycle est bien représenté par un cercle et non pas par une droite et ajoutons encore que la fin du cycle actuel ne peut plus être déterminée avec précision en raison de la perte de notions importante de la tradition mais aussi qu’il n’entre pas dans la Connaissance de la Tradition primordiale la faculté de prédire l’avenir.) qui s’inscrit lui même dans un autre cycle. Nous devons donc préparer ce cycle futur.

Laurent MOLLARD , article sur Agora Vox

23.11.08

Mort de l'écrivain Jean Markale, spécialiste des mythologies celtiques

PARIS (AFP) — L'écrivain Jean Markale, spécialiste des civilisations celtiques et de leur mythologie, est mort dimanche à Auray (Morbihan) à l'âge de 80 ans, a annoncé à l'AFP l'une de ses proches, l'écrivain Claire Fourier.

M. Markale avait publié 102 ouvrages consacrés pour la plupart aux civilisations celtiques, et plus particulièrement au cycle du roi Arthur, parmi lesquels un "Cycle du Graal" en huit tomes, "Contes et légendes des pays celtes", "Vercingétorix", "Druides et chamanes" ou "Petite encyclopédie du Graal".

Il s'intéressait également à l'ésotérisme à travers des sujets comme les Cathares, les Templiers ou la légende de "l'or du diable" de Rennes-le-Château.

"Il a fait découvrir à un large public l'épopée celtique, connaissance auparavant réservée à une petite élite de chercheurs", a souligné Mme Fourier. Cela lui avait d'ailleurs valu des critiques d'autres spécialistes, qui le considéraient avant tout comme un vulgarisateur.

Son 103e ouvrage, "L'homme lesbien", paraîtra en janvier, selon Mme Fourier.

Jean Markale était né le 23 mai 1928 à Paris de parents bretons. De son vrai nom Jacques Bertrand, il avait emprunté son pseudonyme au roi Mark de la mythologie celtique.Il avait grandi dans la forêt de Brocéliande (également nommée forêt de Paimpont), le berceau du mythe de la Table ronde, auprès d'une grand-mère qui l'avait initié aux légendes celtiques.

Après des études à Paris, il était devenu professeur de lettres puis avait quitté l'enseignement pour se consacrer à l'écriture.

Ses livres sur le cycle arthurien ont été traduits en 25 langues, a indiqué Claire Fourier.

M. Markale était également conférencier.

12.10.08

Victor HUGO et l'ésotérisme.

En regardant un reportage sur l'exil de Victor HUGO, j'ai pu observer quelques signes dans sa maison d'exil... Le puits de lumière, la devise sur son lit...

Voici ce que j'ai trouvé :

L'expérience spirite à Jersey

Maison que l'on disait hantée, plage visitée par des fantômes, à Jersey, le décor était planté pour faire bon accueil à la l'épidémie spirite qui, venue des États-Unis, ne cessait de se répandre en Europe.


Delphine de Girardin, l'initiatrice



Arrivée à Marine Terrace le 6 septembre 1853, Delphine de Girardin initie le cercle hugolien au spiritisme. La première tentative se déroule dès le 7 septembre, mais se solde par un échec : aucune révélation de la Table, des assistants peu désireux d'être distraits de leurs objectifs antibonapartistes. L'achat d'une petite table à trépied n'améliore guère les choses. Le 11 septembre, enfin, tressaillement de la Table : les premières révélations bouleversent l'assistance persuadée que c'est Léopoldine qui s'exprime par la Table.



Quel que soit mon peu de sympathie et d'affinité avec les esprits, pour peu que ton commerce avec l'autre monde continue, je serai forcée de me joindre à eux pour avoir la chance de te voir quelquefois. [...] Quant à vos diableries j'y vois pour l'avenir plus d'inconvénient que de plaisir, quelles que soient d'ailleurs vos convictions personnelles et collectives. Je m'explique mal, mais je sens que ce passe-temps a quelque chose de dangereux pour la raison, s'il est sérieux, comme je n'en doute pas de ta part, et d'impie, pour peu qu'il s'y mêle la moindre supercherie.
Lettre de Juliette Drouet à Victor Hugo, 14 septembre 1853


Le départ de Delphine de Girardin ne calme pas l'enthousiasme des nouveaux initiés ; seule demeure inflexible Juliette Drouet.


La Table dicte jusqu'à 4 000 mots



Les séances vont se poursuivre pendant près de deux ans, d'abord selon cette technique : on utilise un guéridon à trépied posé sur une table. Deux participants mettent leurs mains à plat sur la Table qui dicte son message, lettre à lettre, au moyen de frappements : un pour A, deux pour B, etc. ; aux questions, la Table répond en frappant un coup pour oui, deux coups pour non. Un des participants note questions et réponses sur le Livre des Tables.



C'étaient d'épuisantes soirées, quand on songe que la Table pouvait dicter quatre mille mots ! Aussi une autre méthode fut-elle proposée : les lettres de l'alphabet seraient inscrites sur un cadran muni au centre d'une aiguille que les esprits feraient tourner. Les assistants inscriraient la lettre devant laquelle l'aiguille s'arrêterait. Refus de la Table. En revanche, à sa demande, les participants ont recours à une table à trépied, dont l'un des pieds est muni d'un crayon. De là, les dessins spirites. 



Viennent tour à tour s'exprimer Machiavel, Rousseau, Shakespeare, le Lion d'Androclès, le Drame... André Chénier donne une suite à ses poèmes, car la Table dicte en vers ou en prose. La convergence entre les propos de la Table et l'œuvre de Hugo est telle que le poète doit bientôt protéger sa création, renonçant à assister à une séance où Shakespeare dicte un drame proche de La Forêt mouillée qu'il a alors en chantier. La Table demande à Hugo de reprendre la rédaction des Misérables, d'écrire un poème : ce sera "Ce que dit la bouche d'ombre".



Désaffection du clan Hugo



À partir de septembre 1854, date de rédaction de ce poème, Victor Hugo, ayant fait sienne la doctrine de la Table, n'attend plus rien de ses révélations. Les séances s'espacent, pour cesser définitivement peu avant le départ pour Guernesey, l'un des participants, le frère du Dr Allix, ayant de plus sombré dans la folie. 

Lors de ces séances, Charles Hugo est reconnu pour avoir "un torrent de fluide". Comme l'ont montré Jean et Sheila Gaudon, la psychanalyse contribue à expliquer ce phénomène : il y a là revanche inconsciente d'un fils écrasé par un père génial. Charles médium "a le pouvoir de tout dire, la faculté admirable d'être, le temps d'une absence, le prophète d'une poésie qui n'est pas encore née". La période spirite à Jersey, en effet, évoque "l'époque des sommeils", l'écriture automatique des surréalistes.


Source : Bibliothèque Nationale de France



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Dès 1853, à Jersey, Victor Hugo s'était initié au spiritisme. Le poète croyait en effet aux esprits, personnels et agissants. Tout selon lui possédait un esprit, les astres, les rochers, les plantes, et l'imagination apparaissait à ses yeux comme un dévoilement de la réalité. Il fut définitivement convaincu de l'authenticité de ces manifestations lorsque l'esprit de sa fille Léopoldine, noyée accidentellement dix ans auparavant, lui apparut au cours d'une séance de table tournante. Ces « mystérieuses rencontres avec l'invraisemblable » se succédèrent lors de ces séances qui se déroulèrent durant plusieurs années. Les esprits convoqués étaient souvent illustres: Mahomet, Jésus-Christ, Marat et Molière.


SÉANCE DU MARDI 13 SEPTEMBRE 1853 (NUIT),  NEUF HEURES ET DEMIE.


Présents : Victor Hugo, Mme Hugo, Mlle Adèle Hugo, Charles Hugo,


       Victor Hugo. — Les esprits auxquels tu t'adresses, est-ce nous ?
       — Non.
       Victor Hugo. — Alors c'est nous qui sommes les voyants ?
       — Oui.
       Victor Hugo. — Toi, nous vois-tu ? — Non.
       Victor Hugo. — Les esprits que tu appelles ici ont-ils vécu
       de la vie des hommes ?
       (Pas de réponse.)
       Victor Hugo. — Peux-tu répondre ? — Non.
       (Agitation de la table.)
       Victor Hugo. — Puis-je te calmer ? — Non.
       Victor Hugo. — Es-tu un esprit heureux ? — Le bonheur n'est qu'humain, il suppose le malheur.
       Victor Hugo. — Tu parles ainsi parce que tu es dans l'absolu ? — Oui.
       Victor Hugo, — Parle de toi-même. — L'infini, c'est le vide plein.
       Victor Hugo. — Entends-tu par là que ce que nous appelons
       le vide est rempli par le monde des esprits ? — Parbleu !
       Victor Hugo. — Ombre du sépulcre, tu peux donc être gaie ? — Non.
       Victor Hugo. — Parle.
       — Use ton corps à chercher ton âme.
       Victor Hugo. — Es-tu seul des esprits ici ?
       — Je suis tout et je suis partout.
       Victor Hugo. — Veux-tu que je continue à t'interroger ?
       — Oui. Tu as la clef d'une porte du fermé.
       Victor Hugo. — Connais-tu la vision que j'ai eue hier ?
       — Je ne connais pas hier.
       Victor Hugo. — Sommes-nous sûrs de te voir après la mort ?
       Tu n'as que des lunettes.
       (Téléki, fatigué, est remplacé à la table par le général Le Flô.)
       Victor Hugo. - Si nous nous conduisons bien dans cette
       vie, pouvons-nous espérer une vie meilleure ? - Oui.
       Victor Hugo. - Si nous nous conduisons mal, aurons-nous
       une vie plus douloureuse ? - Oui.
       Victor Hugo. - Les âmes des morts sont-elles avec toi ? - Sous moi.
       Victor Hugo. - Tu dis que tu es tout et partout, es-tu Dieu ? - Sur moi.
       Victor Hugo. - Es-tu plus près des âmes que de Dieu ? - Il n'y a pour moi ni près ni loin.
       Victor Hugo. - Dis-moi, les mondes autres que la terre sont-ils habités ? - Oui.
       Victor Hugo. - Par des êtres comme nous, âme et corps ? - Les uns oui, les autres non.
       Victor Hugo. - Après la mort, les âmes de ceux qui ont fait le bien sont-elles dans des espaces de lumière, ou vont-elles habiter d'autres globes ?
       - Allume.
       Victor Hugo. - Est-ce toujours l'ombre du sépulcre qui est là ? - Non.
       (Charles est remplacé par Téléki.)
       Victor Hugo. - Qui es-tu ? - Chateaubriand.
       Victor Hugo. - Tu sais que nous t'aimons et que nous t'admirons ? - Oui.
       Victor Hugo. - Tu es mon voisin à présent. Réponds. - La mer me parle de toi.


       Victor Hugo. - Peux-tu nous parler du monde où tu es maintenant ? - Non.
       Victor Hugo. - Es-tu heureux ? - Je vois.
       Victor Hugo. - As-tu une communication à nous faire ? - Oui.
       Victor Hugo. - Parle. - J'ai lu ton livre.
       Victor Hugo. - Napoléon le Petit ? - Oui.
       Victor Hugo. - Dis-nous ce que tu en penses. - Mes os ont remué.
       Victor Hugo. - Parle. Tu sais que je lutterai jusqu'à la mort pour la liberté. - République.
       Victor Hugo. - La République, c'est l'avenir, n'est-ce pas ?
       - Je ne vois que l'éternité.
       Victor Hugo. - Es-tu toujours là. Chateaubriand ? - Non.
       Victor Hugo. - Qui es-tu ? - Dante.
       Victor Hugo. - Dante, tu sais que je t'aime et t'admire. Je suis heureux que tu sois ici. Parle. - L'exil vient au bord de la tombe.
       Victor Hugo. - Me dis-tu cela parce que je suis près du tombeau de Chateaubriand ? - Comprends.
       Victor Hugo. - Parle. - L'amour est. La haine n'est pas.
       Victor Hugo. - Qu'est-ce qui t'amène ici ? - La patrie.
       Victor Hugo. - Parle. - J'ai lu ma vision


       Victor Hugo. - En es-tu content ? - Béatrix chante, je l'écoute.
       Victor Hugo. - Tu nous entends toujours ?
       (Immobilité de la table.)
       Victor Hugo. - Est-ce toujours Dante ? - Non.
       Victor Hugo. - Qui est là ? - Racine.
       Victor Hugo. - Tu sais que je respecte les grands noms. Est-ce moi que tu viens voir ? - Non.
       Victor Hugo. - Est-ce Auguste Vacquerie ? - Oui.
       Auguste Vacquerie. - As-tu une communication à me faire ? - Oui.
       Auguste Vacquerie. - Parle. - La gloire ment.
       Auguste Vacquerie. - Dis-tu cela pour toi ? - Oui.
       Auguste Vacquerie. - Tu trouves donc que j'ai eu raison de te contester ? - Oui. Auguste Vacquerie. - Tu reconnais que tu as fait des pièces étriquées ? - J'étais gêné.
       Auguste Vacquerie. - Est-ce un remords pour toi maintenant d'avoir laissé une réputation supérieure à ton œuvre ? - Ma perruque est roussie.
       Auguste Vacquerie. - Qu'est-ce qui l'a roussie ? - Le feu.
       Auguste Vacquerie. - Le feu de quoi ? - Du drame.
       Auguste Vacquerie. - Que penses-tu d'Athalie - Grands vers.
       Auguste Vacquerie. - Dans le monde où tu es, la littérature
       a-t-elle encore quelque importance ? - Elle est un écho.


La séance est finie à trois heures et demie du matin.)


   Source : Jules Bois, Miracle moderne, Paris, 1907. Bernard gros-retz, Le Visionnaire de Guernesey, Paris, 1976. Victor hugo, « Procès-verbaux des tables parlantes de Jersey ». Texte établi et commenté par Jean et Sheila gaudon, Œuvres complètes, tome IX, Club Français du Livre. Maurice levaillant, La Crise mystique de Victor Hugo, Paris, 1954. Denis saurat, Victor Hugo et les dieux du peuple, Paris, 1948. Gustave simon, Les Tables tournantes de Jersey, Paris, 1923.

Source : Outre vie

30.8.08

Abott You ?

"Quand vous en avez assez d'être malade, vous arrêtez d'être malade.
L'homme sage en a eu assez d'être malade, donc il n'est plus malade."

- Lao Tzu -

13.3.08

Le Secret

- Le Grand Secret de la Vie est la loi de l'attraction

- La loi de l'attraction stipule que qui se ressemble s'assemble. Par conséquent, chacune de vos pensées attire une pensée jumelle.

- Les pensées sont magnétiques et elles ont une fréquence. Toutes vos pensées sont envoyées dans l'Univers et elles attirent comme un aimant toute chose ayant la même fréquence. Tout ce qui est envoyé revient à la source, c'est à dire Vous.

- Vous êtes une tour de transmission humaine et vous émettez une fréquence avec vos pensées. Si vous voulez changer quelque chose dans votre vie, changez cette fréquence en modifiant vos pensées.

- Vos pensées actuelles façonnent votre vie future. Ce à quoi vous pensez le plus souvent ou ce sur quoi vous vous concentrez le plus se manifestera dans votre vie.

- Vos pensées deviennent réalité.

- Rhonda BYRNE - "Le Secret"


29.2.08

Qui a peint Mathurine ?


Un couple de retraités costarmoricains est persuadé qu’il a trouvé l’un des tout derniers tableaux de Léonard de Vinci. Les experts refusent de se prononcer.


La vie de Christiane et de Claude a basculé il y a 16 ans. « Je suis tombée en arrêt devant cet étrange tableau, dans un dépot-vente de Lannion (22); pas vraiment joli, mais dérangeant par ce regard dur, hypnotique. Je trouvais aussi qu’il avait quelque chose de la Joconde, une ébauche de sourire, les mains croisées. Je n’ai pas dormi de la nuit. Le lendemain matin, j’ai couru l’acheter ».

Légué à sa servante ?

Depuis, Christiane n’a eu de cesse de chercher la vérité, dévorant des centaines d’ouvrages. Dans le « François I e r » d’André Castelot, elle découvre que Léonard de Vinci, qui a fini sa vie en Touraine, a légué à sa servante, Mathurine, un habit de drap noir garni de peaux, une coiffe de drap et dix ducats. Et c’est bien un habit de ce type, de même que la coiffe - difficile à rapprocher de quelque origine régionale - que porte la femme du tableau. En réalité, un dessin à la pierre noire, confirmé en laboratoire. C’est là que l’affaire devient piquante.
« J’ai découvert qu’à la fin de sa vie, Léonard de Vinci ne peignait plus mais dessinait... à la pierre noire, handicapé par une hémiplégie. Or, que sont cette bouche déformée et cette main droite soutenue par la gauche, si ce n’est le signe de ce genre d’attaque » ?

Symboles ésotériques

Élucubrations ? L’analyse du papier révèle qu’il est fait de chèvenote, déchets de chanvre ou de lin couramment fabriqué au XVI e siècle. Par ailleurs, intriguée par le caractère illogique des plis de l’habit, la coiffe impossible à identifier ou le visage à double facette - un côté rude, très masculin et un côté doux, féminin - Christiane veut en savoir plus. Elle se souvient que Léonard de Vinci était adepte de l’ésotérisme. Elle va donc se servir de la « Table d’Émeraude » d’Hermès. Un jeu de miroirs qui, selon Christiane, révèle de troublants détails : « Notamment Io, la vache de la mythologie grecque et l’étoile de David. Dans les plis du manteau se cachent aussi le cœur, la croix, le rat ou le lys. Au centre se dévoile la tête de Léonard lui-même. Quant à la coiffe, c’est un cygne ! Si on utilise le langage des oiseaux, le message est clair : rat, lys, le cygne, l’étoile cela veut dire, rallie le signe de l’étoile, c’est-à-dire celui de la connaissance. Quant au sanglier (le sang lié) c’est encore une référence à la religion juive, via la mère de Léonard ».

Un « testament »

Christiane a la conviction de détenir le testament de Léonard de Vinci. Problème : les experts se refusent à examiner le tableau : « Au Louvre, on se réfugie derrière le devoir de réserve et on nous dit que l’on peut faire dire n’importe quoi aux symboles ». Impossible, par ailleurs de trouver un expert privé. En revanche, « Mathurine » intéresse beaucoup de profanes et d’adeptes de l’ésotérisme. On aurait ainsi proposé au couple une importante somme d’argent. « Ce n’est pas le business qui m’intéresse dans cette affaire », explique Christiane. « J’ai simplement le désir que soit connu et se perpétue ce message de tolérance et de connaissance, de foi dans le libre arbitre de l’homme, si cher à Léonard ». Chimère ? Peut-être mais qui intéresse tout de même 12.000 visiteurs chaque mois sur le site créé par un ami.

17.2.08

Nicolas Sarkozy, la France et Israël

Nicolas Sarkozy a présenté aux responsables et aux invités du CRIF la nouvelle politique israélienne de la France. L’année 2008, qui est celle du 60 ème anniversaire de la création unilatérale de l’État d’Israël, sera aussi celle d’un rapprochement spectaculaire entre Paris et Tel-Aviv en complète opposition avec la politique traditionnelle de la Ve République, observe Thierry Meyssan. L’importance du propos a échappé aux éditorialistes français, mais pas aux chancelleries étrangères qui s’interrogent sur les fondements idéologiques et les conséquences d’un tel bouleversement.

Nicolas Sarkozy était le 13 févier 2008 l’invité d’honneur du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). À cette occasion, il a prononcé un discours particulièrement important précisant sa conception du rôle des religions et fixant les grandes lignes de la nouvelle politique israélienne de la France.

Le contenu central de cette intervention a été éclipsé par une polémique sur sa lubie du jour. En effet, en conclusion de son allocution, Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il avait solitairement décidé d’associer chaque enfant de CM2 à la mémoire d’un enfant français victime des nazis. Laissons de côté cette conception autocratique de l’exercice du pouvoir et cette volonté d’embrigadement des enfants de dix ans, même si elles sont révélatrices du tournant brutalement anti-démocratique du fonctionnement des institutions françaises, et revenons-en au dîner du CRIF et au fond du propos du président de la République.

Contrairement à son intitulé, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) n’est pas —ou plutôt n’est plus— représentatif de tous les juifs de France. Si, à l’époque où il était présidé par l’avocat Théo Klein, il apportait un soutien critique à l’État d’Israël, il s’est aujourd’hui transformé en simple courroie de transmission du mouvement sioniste. Désormais, il lutte contre la République française, accusant d’« assimilationnisme » les juifs républicains héritiers de la Révolution et de l’abbé Grégoire. Il agit comme un lobby à l’américaine et entretient d’ailleurs des liens étroits avec l’AIPAC et l’AJC aux États-Unis. De 2001 à 2006, il était présidé par le banquier Roger Cukierman, secrétaire général de la financière Rothschild, qui en a considérablement durci ses positions. Il est aujourd’hui présidé par le cardiologue Richard Prasquier, également lié à la dynastie Rothschild.

Le dîner annuel du CRIF s’est progressivement imposé comme un événement mondain parisien. S’y montrer, c’est manifester son soutien à Israël et laisser entendre que l’on bénéficie soi-même de l’appui de ce lobby. Compte tenu de l’influence supposée de cette organisation, tout ce qui compte d’opportunistes en politique fait donc des pieds et des mains pour y être invité, quitte à payer chèrement sa place, car cette soirée de gala n’est pas gratuite.

Si des parlementaires et des membres du gouvernement s’y bousculent, le président de la République ne s’y rend jamais car sa fonction lui interdit d’apporter un soutien ostensible à quelque groupe de pression que ce soit. François Mitterrand a cependant dérogé une fois à cette règle (en 1991) pour des motifs électoralistes qui ne sont pas à son honneur. Nicolas Sarkozy, quant à lui, revendique au contraire d’user et d’abuser de sa fonction de président de la République pour favoriser ses amis. Ayant déjà honoré de sa présence les réunions de divers lobbys, il pouvait bien participer à celle du CRIF.

C’est donc devant un millier d’invités acquis au sionisme, ou feignant de l’être, dont la quasi-totalité de son gouvernement, que Nicolas Sarkozy a défini la nouvelle politique israélienne de la France. L’événement était retransmis en direct sur la chaîne parlementaire et sur la chaine d’opinion Guysen TV. En effet en vertu du principe du deux poids deux mesures, alors qu’Al-Manar a été interdite en France par crainte de voir importer dans le pays les conflits du Proche-Orient, Guysen TV —qui a les mêmes caractéristiques, mais au service de l’occupation israélienne— a par contre été autorisée.

* * *

Pour comprendre l’enjeu de ce qui va suivre, un bref retour en arrière est nécessaire.

Historiquement, la France s’est appuyée sur la population juive d’Afrique du Nord pour contrôler la population musulmane d’Algérie (décret Crémieux de 1870), puis sur la colonie juive israélienne pour lutter contre la souveraineté de l’Égypte indépendante sur le canal de Suez et contre les réseaux internationaux du FLN algérien. Mais lorsqu’en 1961, privilégiant ses principes sur ses intérêts, la France rompit avec la colonisation, elle prit ses distances avec Israël.
Ce que Charles De Gaulle résumait dans sa conférence de presse du 27 novembre 1967 en déclarant : « une fois mis un terme à l’affaire algérienne, nous avions repris avec les peuples arabes d’Orient la même politique d’amitié, de coopération, qui avait été pendant des siècles celle de la France dans cette partie du monde et dont la raison et le sentiment font qu’elle doit être, aujourd’hui, une des bases fondamentales de notre action extérieure (…) À la faveur de l’expédition franco-britannique de Suez, on avait vu apparaître en effet un État d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir. Ensuite, l’action qu’il menait pour doubler sa population par l’immigration de nouveaux éléments, donnait à penser que le territoire qu’il avait acquis ne lui suffirait pas longtemps et qu’il serait porté, pour l’agrandir, à utiliser toute occasion qui se présenterait. C’est pourquoi, d’ailleurs, la Ve République s’était dégagée vis-à-vis d’Israël des liens spéciaux et très étroits que le régime précédent avait noués avec cet État et s’était appliqué, au contraire, à favoriser la détente dans le Moyen-Orient ». Plus encore, lors de la même conférence, il exprimait l’inquiètude que « les Juifs, jusqu’alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent, une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits très émouvants qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles ».
De 1961 à 2007, la France de De Gaulle, de Pompidou, de Giscard d’Estaing, de Mitterrand et de Chirac se pensa tant bien que mal en champion de l’indépendance et de la souveraineté des États ; une idée qui culmina avec son opposition à la colonisation de l’Irak. Cette œuvre grandiose permit à la France d’acquérir un prestige et d’exercer une influence bien supérieurs à sa puissance économique et militaire.
Nicolas Sarkozy, quant à lui, opère une rupture avec ses cinq prédécesseurs. Il imagine restaurer le parti colonial, non plus dans une rivalité entre Français et Anglo-Saxons, mais au sein d’un empire transatlantique en formation, où la classe dirigeante commune aux États-Unis et à l’Union européenne ambitionne d’exercer collectivement une domination globale.

Dans cette perspective, l’année 2008, qui correspond au 60ème anniversaire de la proclamation unilatérale d’indépendance de l’État d’Israël, devrait être celle d’un rapprochement spectaculaire entre Paris et Tel-Aviv. Qu’on en juge par le programme :
13 février : participation du président de la République française au dîner du CRIF ;
10 au 14 mars : première visite d’État d’un chef d’État étranger en France depuis l’élection de Nicolas Sarkozy consacrée à la réception du président d’Israël, Shimon Peres ;
23 au 27 mars : Salon du livre de Paris avec l’État d’Israël comme invité d’honneur et la réception de 89 écrivains israéliens exclusivement de langue hébraïque (aucun russophone, ni arabophone) ;
Mai : voyage de Nicolas Sarkoy en Israël avec dépôt de gerbe au Mémorial Yad Vashem et discours devant la Knesset ;
1er juillet : à l’occasion de la prise par la France de la présidence semestrielle tournante de l’Union européenne, relance des divers programmes de coopération euro-israéliens.
13 juillet : sommet préparatoire de l’Union méditéranéenne, sorte de Cheval de Troie permettant de contourner le Processus de Barcelone pour faire entrer Israël dans l’Union européenne.
14 juillet : invitation des Forces armées israéliennes et de la Garde présidentielle palestinienne à défiler lors de la fête nationale française (Pour la première fois depuis 1945, une armée d’occupation et une milice collaborationniste défileront sur les Champs-Élysées).

Ceci étant posé, le président de la République a longuement expliqué aux responsables et invités du CRIF la position de la France face au conflit israélo-arabe. Elle repose avant tout sur un principe : « La France ne transigera jamais sur la sécurité d’Israël », lequel n’empêche évidemment pas de dialoguer et de faire des affaires avec les États arabes. Il fixe toutefois une limite : « Moi, je ne rencontrerai pas et je ne serrerai pas la main à des gens qui refusent de reconnaître l’existence d’Israël » (une limite qui vise des partis politiques comme le Hamas et le Hezbollah et des États comme la Syrie et l’Iran, mais qu’il a oublié lors de la libération des infirmières bulgares et de la visite en France du président Khadafi).

Là n’est pas le plus important. Le président de la République a surtout affirmé que, dans la foulée de la Conférence d’Annapolis, la France soutient désormais « la solution à deux États », c’est-à-dire qu’elle renonce à l’application du plan de partage de la Palestine de 1948 et à la création d’un État binational ; une option qui est discutée depuis l’Accord d’Oslo mais qui laissait jusqu’à présent ouverte la définition de ce que serait un État palestinien.

Cette position n’a pas été adoptée à la demande des deux parties concernées, mais « dans l’intérêt même d’Israël, pour sa sécurité et sa pérennité ». Elle a été approuvée par le president de l’Autorité palestinienne, mais rejetée par le Hamas. Aussi, peut-on parler à propos de cette évolution d’un « tournant historique que nous devons au courage du président Mahmoud Abbas et du Premier ministre Ehud Olmert » (le lecteur du site Internet de la présidence française, remarquera que, dans la transcription de ce discours, les noms patronymiques sont tous écris en capitales, sauf celui du président Abbas qui est en minuscules. On a les symboles que l’on peut).

Dans cette perspective, la France attend d’Israël « la levée de barrages, la réouverture de points de passage à Gaza pour faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, la libération en plus grand nombre de prisonniers, la réouverture des institutions palestiniennes à Jérusalem-Est. [De plus] les Palestiniens doivent pouvoir disposer de leur territoire et le mettre en valeur ».
Autant de mesures qui sont présentées par le président Sarkozy comme des exigences que la France impartiale énonce avec fermeté. « Je le dis parce que je le pense et je n’ai que faire de ces discours d’amitié qui ne disent jamais ce qu’ils pensent (…) Il y a déjà eu assez de souffrance et c’est maintenant qu’il faut trouver un accord et j’irai d’ailleurs le dire auprès de l’autorité Palestinienne au mois de mai et je le dirai à la Knesset. Un ami, c’est quelqu’un qui vous dit ce qu’il pense ».
En réalité ces « exigences » sont des cadeaux faits à Israël, car elles sont très en-deça des résolutions pertinentes de l’ONU. Il n’est aucunement question de restitution des territoires conquis, ni de retour des réfugiés. Ces pseudo-exigences se bornent à quelques aménagements de l’occupation, tel que l’État d’Israël lui-même en prend régulièrement l’initiative.
De manière toute diplomatique, le parti pris est d’ailleurs énoncé par défaut : « La France, n’interfèrera pas dans les négociations en cours, mais la France apportera tout l’appui nécessaire pour encourager l’ensemble des parties à avancer car il s’agit d’une occasion exceptionnelle. Et la France sera au côté du peuple israélien et sera au côté des Palestiniens pour les aider à construire ensemble un avenir de réconciliation ». Notez : pour résoudre le conflit de territoire, le président français parle d’un « peuple israélien » qu’il oppose aux « Palestiniens » —qui, eux, ne forment pas un peuple—, reprenant implicitement à son compte le slogan de Zeev Jabotinsky de la « terre sans peuple pour un peuple sans terre ».

Il existe toutefois une condition à laquelle les Palestiniens pourraient former un peuple. Elle a été énoncée à la veille de la Conférence d’Annapolis par le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak : il faudrait que l’Autorité palestinienne reconnaîsse qu’« Israël est la patrie du peuple juif et l’État palestinien la patrie du peuple palestinien ». Une formule qui bouleverse la donne puisqu’elle autorise le nettoyage ethnique de la region : les citoyens israéliens non-juifs se verraient déchus de leur nationalité et naturalisés palestiniens.
Cette surenchère israélienne avait été écartée à Annapolis, mais avait finalement été approuvée par George W. Bush, le 10 janvier 2008, lorsqu’il déclara : « L’accord doit établir la Palestine comme patrie du peuple palestinien, de même qu’Israël est la terre du peuple juif ».
La France s’y rallie à son tour : « J’ai proposé un nouveau concept qui est celui de deux États-Nations et pas simplement de deux États, ce qui résoudrait le problème des réfugiés, parce que je sais parfaitement qu’il y a deux façons de détruire Israël, l’une de l’extérieur et l’une de l’intérieur ». Traduction : la France substitue au projet d’État unique binational dans lequel chaque citoyen serait libre et égal, un projet de deux États ethniquement homogènes car la poussée démographique des citoyens israéliens non-juifs ferait perdre à terme à Israël son caractère d’État juif.

Une autre conséquence de cette position avait déjà été annoncée par le président Sarkozy lors de la Conférence internationale des donateurs pour l’État palestinien, le 17 décembre 2007. Il avait évoqué, dans son discours d’ouverture « un État palestinien indépendant et démocratique, dans lequel les Palestiniens, où qu’ils se trouvent, se reconnaîtront ». Ainsi, les millions de Palestiniens actuellement déplacés dans la région passeraient du statut d’apatrides à celui d’émigrés car ils seraient juridiquement rattachés à un État palestinien souverain. Ce faisant, ils perdraient tout droit sur les terres et les biens qu’ils ont été contraints d’abandonner en Israël.

Hind Khoury, déléguée générale de la Palestine, présente à cette soirée n’a pas fait de commentaires.

* * *

Il serait tentant d’expliquer la rupture prônée par Nicolas Sarkozy en fonction de sa personnalité. En conflit avec son père, auquel il a intenté un procès, il voudrait « tuer le père » en détruisant l’œuvre de ses prédécesseurs. Ou encore, il se comporterait comme un zélote depuis la découverte tardive, à l’adolescence, de son origine juive. Mais la politique d’un État de cette dimension ne peut être réduite à la psychologie d’une seul homme. La restauration du parti colonial s’accompagne d’ailleurs de nominations et de réformes structurelles qui laissent entrevoir la profondeur du changement.

Nicolas Sarkozy a choisi comme ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, l’homme qui publicisa le principe d’« ingérence humanitaire ». Or, loin d’être une idée neuve, l’ingérence humanitaire est un argument inventé par la Couronne britannique au XIXe siècle pour coloniser les territoires de l’Empire ottoman. En 1999, cet argument fut utilisé par les Anglo-Saxons pour bombarder le Kosovo… dont Bernard Kouchner devint gouverneur, et qui vient d’être placé sous administration de l’Union européenne à l’occasion de sa pseudo-indépendance.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a créé un secrétariat d’État aux Droits de l’homme rattaché au ministère des Affaires étrangères. Ce faisant, la France a officiellement rompu avec la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 pour adopter l’idéologie des Droits de l’homme (tout court) dans sa version anglo-saxonne de « bonne gouvernance ». Il ne s’agit plus de promouvoir la souveraineté populaire, mais uniquement de lutter contre les excès de pouvoir. L’opposition entre les deux définitions des Droits de l’homme est connue depuis longtemps et a été théorisée au XVIIIe siècle par Thomas Paine, l’essayiste britannique qui déclencha la guerre d’indépendance des États-Unis avant de devenir député à la Convention française.

Au demeurant, ce secrétariat aux Droits de l’homme a deux activités principales. La première consiste à populariser la guerre des civilisations, par exemple en mettant en scène la biographie imaginaire de l’ex-députée néerlandaise Ayaan Hirsi Ali, une employée des néoconservateurs états-uniens (elle est salariée de l’AEI de Richard Perle et Paul Wolfowitz). La seconde activité, de loin la plus importante, est de préparer le sabotage de la conférence de suivi des Nations Unies contre le racisme et la xénophobie (Durban II). La secrétaire d’État, Rama Yade, veille à ce que cette conférence n’examine pas la question du sionisme et ne requalifie pas cette idéologie coloniale de « racisme ». Au besoin, elle coordonne un possible boycott de la conférence par les États membres de l’Union européenne et les États-Unis.

En politique étrangère, la rupture sarkozyenne est donc beaucoup plus vaste qu’on ne le perçoit. Elle remet en cause les idéaux de la Révolution française. Il n’est pas sûr que les Français l’acceptent car il est des ruptures qui sont des trahisons.

Thierry Meyssan

29.12.07

Soleil se lance dans l'ésotérisme

Souvent assimilées au domaine de l’héroïc-fantasy, les éditions Soleil se passionnent désormais pour les univers ésotériques. Deux nouvelles collections sont annoncées… en compagnie d’un titre leader : l’adaptation BD du Testament des Siècles, le fameux best-seller d’Henri Lœvenbruck…

Le Testament des Siècles est le premier album des « Secrets du Vatican », la nouvelle et ambitieuse collection ésotérique de l’éditeur Soleil. Il s’inscrit dans la lignée des remises en cause du dogme catholique et des évocations du fonctionnement secret de l’Église, démarrée avec Le Triangle Secret de Didier Convard et consorts, ou l’adaptation BD de Qumran d’Aliette Abecassis par Pierre Makyo chez Glénat, Le Messager d’Hervé Richez chez Bamboo, voire Le Janitor d’Yves Sente chez Dargaud.

Damien Louvel, jeune français émigré à New-York, devenu scénariste pour la télévision, apprend la mort brutale de son père en pleine nuit dans le petit village provençal de Gordes où ce dernier venait de s’installer. Convoqué à Paris chez le notaire, il découvre une face nouvelle du défunt qui le trouble. Aidé par une séduisante journaliste, Diane de Saint-Elbe, il se précipite à son corps défendant dans une dangereuse enquête autour d’une mystérieuse pierre de Iorden qui l’entraîne dans des univers inconnus et l’oppose à des sociétés secrètes.

Ce thriller rythmé et intéressant rappelle l’atmosphère du fameux Da Vinci Code, ce qu’un autocollant en couverture souligne. Son auteur, Henri Lœvenbruck, l’a d’ailleurs écrit à la même époque. Il réussit cette adaptation BD avec l’aide de Nicolas Jarry, romancier et auteur BD, déjà scénariste de l’excellente série La Rose et la Croix chez le même éditeur. Le dessinateur Christian Pacurariu avait participé aux Légendes de la Table ronde de Ronan Le Breton dans la collection « Soleil Celtic ». Il se plie ici, avec plus ou moins de bonheur, au style contemporain réaliste. À noter une magnifique couverture réalisée par Djief.

Nouvelles collections chez Soleil

Les éditions Soleil, l’un des éditeurs diffusés par Delsol (alliance avec Delcourt), multiplient les collections alors que d’autres - comme Le Lombard - tentent de se recentrer. Après « Soleil Celtic » qui rassemble des albums de styles très variés sur le thème de la Bretagne, son directeur de collection Jean-Luc Istin crée deux nouvelles collections :

  • « Terres secrètes » avec des titres comme Corpus Hermeticum (par Missoge et Fino), Le Syndrôme de Caïn (par Tackian et Mutti) dont les trois premiers tomes sont prévus pour janvier 2008 et La XIe Plaie (par Syve et Jud) à paraître aussi en janvier 2008.
  • « Secrets du Vatican » avec une dizaine de titres prévus en 2008 : après le premier volume du Testament des Siècles, adaptation BD du thriller de Loevenbruck par Jarry et Pacurariu, viendront Les Carnets Secrets du Vatican (trois tomes prévus de janvier à mai 2008) par Novy et Popescu, puis L’Antichristus, L’Atlandide Experiment, Le Cinquième Évangile, L’Ordre des Dragons et Succubes.

Après la collection « Loge Noire » de Glénat - au bilan finalement assez mitigé malgré l’immense succès du Triangle Secret - et des séries comme Le Janitor chez Dargaud, Soleil plonge donc à son tour dans l’ésotérisme et les mystères de l’Église catholique.

Le pari est de proposer des séries aux sorties rapprochées pour encourager les libraires à les conserver en rayon, rassurer les lecteurs impatients et/ou échaudés par l’absence de continuité d’une série, élargir la base des lecteurs avec des sujets à la mode. Pour se faire, l’éditeur a souvent fait appel à de jeunes auteurs, notamment italiens et roumains.

Le lancement de la collection « Secrets du Vatican » est prévu le 23 janvier, pendant le festival international d’Angoulême.

Source : AURACAN

18.12.07

Un monde invisible et incroyable

Mardi 11 décembre se tenait une nouvelle soirée de l'INREES autour de la projection du film documentaire “Enquête sur le Monde invisible" de Jean-Michel Roux, en présence du réalisateur et de Stéphane Allix, cofondateur de l'INREES. Ce film surprenant, tourné en Islande, explore un monde auquel nous n'accordons plus aucun crédit, celui des elfes, des gnomes, des fantômes, des monstres aquatiques, des ovnis, des anges gardiens. Tout ce monde qui ne nous semble qu'imaginaire.

Une petite fille nous conduit devant la demeure d'une famille elfe. Il s'agit d'un gros rocher grisâtre, en bordure de prairie. Ils y vivent à l'intérieur et elle a la chance de les voir régulièrement.
Vigdís Finnbogadóttir, qui fut la première femme au monde à être élue présidente de la république, nous précise qu'en Islande les elfes sont pris très au sérieux. Elle attribue cela au fait que son pays a été très peu touché par le christianisme, qui s'est toujours battu contre les croyances et cultes païens, au point de les faire disparaître. En Islande, les cultures ancestrales ont pu garder tout leur poids. Ce n'est pas le druide que nous voyons célébrer un mariage qui dira le contraire.
Le ministre des transports se réjouit de disposer d'une carte du monde invisible, qui repère les habitations d'elfes. Elle l'aide à ne pas les endommager lorsque des travaux de voirie sont planifiés.
Les témoignages se succèdent, consistants, cohérents.
Une enseignante d'un collège situé en bordure de lac, décrit la vision d'un monstre aquatique, aussitôt confirmée par de nombreux élèves. Un propriétaire d'hôtel fait le tour de ses chambres avec un medium pour dialoguer avec les fantômes résidents, aidant certains à retrouver le chemin de la lumière, rassurant d'autres sur les bonnes intentions du maître des lieux à leur égard.

Un père medium explique le rôle crucial de l'éducation. Tous les enfants racontent des expériences de contact avec des êtres extraordinaires. Lui ne leur dit pas que ce sont des sottises. Il les écoute et croit en leurs histoires. Ce faisant il laisse ouverts, chez ses enfants, des canaux de perception qui, sinon , perdraient toute sensibilité.

Tout ceci parait bien déroutant à notre esprit forgé par la rationalité scientifique. Comment est-ce possible ?
Un chercheur en physique quantique propose une métaphore : l'homme est comme une radio qui ne serait capable de percevoir que 0,5% des fréquences émises. Pourquoi alors s'étonner de ne pas comprendre les 99,5% restantes ? Il rappelle également que l'Islande se trouve à la jonction des plaques tectoniques américaine et européenne, ce qui engendre des anomalies gravitationnelles.

Alors, à cet instant, vous qui lisez ces quelques lignes : que pensez-vous ?
- ne seraient-ils pas un peu fous dans ce pays !
ou bien
- quelles qualités de clairvoyance !

Pour regarder un tel film ou aborder tout phénomène surprenant, une solution : suspendre son jugement.
Ecouter, voir, ressentir, s'émouvoir, imaginer, capter, sans décider si c'est vrai ou faux, sans chercher s'il faut y croire ou non, parce que justement l'incroyable ne s'aborde pas à renforts de croyances sous peine de se saborder.

Comme l'a dit Bodhidharma :

“Le conflit entre le pour et le contre,
Voilà la maladie de l'esprit“

Appréhender les expériences extraordinaires sous l'angle de la réflexion est voué à l'échec.
La réflexion juge, classe, compare des données en s'appuyant sur les croyances. Ce faisant, elle tente de rapprocher ces informations entrantes avec un référentiel capable de n'évaluer que des situations habituelles et déjà répertoriées. La sanction est alors impitoyable et l'esprit se ferme totalement à la réception d'informations jugées pernicieuses ou bien il s'en amuse et leur colle une étiquette dénigrante pour protéger la conscience d'une exploration trop dangereuse. La peur de l'inconnu !

L'esprit s'ouvre à mesure que la réflexion s'estompe.
La réflexion agit comme un diaphragme. Plus il se ferme plus la lumière se diffracte et irradie, augmentant la profondeur de champ, agrandissant la zone de netteté, dévoilant alors les contours de ce Monde Invisible.

Prochaine soirée : le jeudi 24 janvier 2008 pour la projection du film "VOIR (sans les yeux)“, de Marie Mandy, qui tente de simuler la perception du monde qu'ont les non voyants.

Source : Selfway

13.10.07

Vérités divines à notre portée ?

L'ésotérisme (le sens caché) n'est pas spécifique aux soufis. Les Chiites l'ont développé dès le premier siècle de l'Hégire. On verra d'ailleurs que les précurseurs du chiisme, furent aussi ceux du soufisme. Mais dans le mysticisme le sens caché ne se révèle pas par l'interprétation, activité somme toute rationnelle, mais par l'élévation du cœur (l'âme) au monde suprasensible. Cette élévation nécessite une ascension spirituelle et une expérience individuelle extatique, sans lesquelles les vérités divines resteraient à jamais obscures pour l'âme.