5.9.09

Le Grand Orient de France se prononce contre l'initiation des femmes.

A la question de l'initiation des femmes, les délégués des 1.200 loges de la plus importante obédience maçonnique française "ont répondu "non" à 56%", a indiqué à l'AFP Gérard Contremoulin, chargé de la communication du Grand Orient. 


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"Ce matin, le Convent du Grand Orient De France, réuni à Lyon, a décidé, par une majorité significative, de ne pas recevoir en son sein des femmes ...

(...) L'avenir du Grand Orient De France, dans cette perspective, c'est une anesthésie douce qui le verra muter pour devenir le pendant français des Obédiences anglo-saxonnes, des réunions de notables qui conservent l'acquis et s'en contentent" ... 



La suite sur le blog de Candice


Source : AFP

3.4.09

"Les Gardiens du Sang"

       
Les Gardiens du Sang - Ma-Tvideo France2

Bande-annonce des Gardiens du Sang

Paris. De nos jours. Quelques années avant les événements que l’Histoire retiendra sous le nom de “Triangle secret”. Deux étudiants en théologie conversent passionnément dans les allées du séminaire de Saint Sulpice. Un journaliste vient en effet de révéler l’existence d’une milice secrète placée sous la houlette du Vatican : les Gardiens du sang. Particulièrement incriminé dans l’article, le Cardinal Motteli, consultant en Génétique auprès du Pape, et dont il se susurre qu’il occuperait une place de choix dans l’organisation... Si ce n’est que dorénavant Mottelli occupera une place de choix dans la mémoire de ses pairs. Puisqu’alors que les étudiants passent devant son bureau, il en voient sortir un jeune homme tâché de sang. Et le couteau encore rouge et frais du sang du Cardinal qu’il vient de tuer... Le jeune homme, Jean Nomane, s’enfuit prestement. On ne sait rien du fuyard. Juste qu’il avait disparu de la circulation ces trois dernières années. Sans doute parce qu’il avait beaucoup à se reprocher. A moins qu’il n’ait mis le doigt sur un terrible secret...

Après Le Triangle secret et INRI, Didier Convard, pionnier et maître du courant ésotérique en BD, livre avec Les Gardiens du sang, toujours servi par la rugueuse efficacité de Denis Falque, une nouvelle démonstration de son incroyable talent. Et une nouvelle preuve de l’existence de mystères profondément enfouis dans les replis de l’Histoire. Mystères qui pourraient bien bouleverser notre perception du monde...

22.3.09

L’honneur de René Guénon et l’Orient Orthodoxe

Par Thierry JOLIF

L’honneur de René Guénon est d’avoir eu raison contre son temps, mais aussi de n’avoir pas dévié du sens de sa mission ; à savoir : “réorienter” ce qui pouvait l’être dans le monde moderne. Le fait de constater que, à strictement parler, la modernité est, en fait, “l’occidentalité” elle-même a déjà été largement débattu et, si d’aucuns, lecteurs attentifs de Guénon, ont pu juger opportun de déclarer que la vision guénonienne de l’Orient était par trop partiale, voir partielle et subjective, il n’en demeure pas moins incontestable que, ce qu’il y a de “moderniste” dans les civilisations orientales depuis une centaine d’années a, bel et bien, pour origine l’Occident, au sens le plus large.

Outre cette réserve, il est également de bon ton aujourd’hui, que chacun de ceux qui se mêlent d’écrire sur et autour de la Tradition, y aillent de son petit paragraphe “personnel” sur l’erreur de Guénon, c’est-à-dire son “analyse” du Christianisme et de l’ésotérisme chrétien en particulier.

Il semble bien, en effet, qu’un certain nombre de lecteurs de René Guénon connaissent quelque troubles dans leur “tentative” de concilier christianisme et “guénonisme”, comme si l’un et l’autre pouvait avoir une commune mesure.

Nous voudrions rappeler ici, tout d’abord, deux données essentielles. Primo, c’est la plus simple à dire et à entendre : le “guénonisme”, précisément n’existe pas et n’a pas même à exister. René Guénon a “appelé” ceux qui le pouvaient à reprendre un contact vivant avec leur, ou une, tradition vivante. Il a exposé très clairement, et magistralement selon nous, pourquoi et comment ! Secundo, il a, précisément, exposé et explicité cela à l’intention particulière des “occidentaux”. On a déjà, et avec force raison, écrit, et dit, que l’œuvre de René Guénon était inutile, voir superfétatoire, pour, par exemple, un moine de l’Athos, un initié soufi ou taoïste ou encore un lama bouddhiste. Tout au contraire est-elle strictement nécessaire aux occidentaux qui, en toute logique, devraient être chrétiens …

Le problème, si c’en est un, est justement là ; car, lorsque René Guénon écrivait et vivait encore en France, que lui fut-il donné de rencontrer en la matière ? Des chrétiens certes, mais d’une part Francs-Maçons, gnostiques, “hermétistes”, symbolistes ou occultistes et, d’autre part néo-thomistes … Et, René Guénon, “témoin et passeur de la Tradition” d’écrire pour ou contre ces gens-là très spécialement. Négativement pour opposer à toutes les influences délétères la clarté des enseignements sapientiaux ; positivement pour rappeler énergiquement l’aspect proprement essentiel, donc éminemment vital, de ces enseignements.

En toute logique, si cela devait être fait c’est qu’il manquait bien quelque chose ! La confusion des ordres et des domaines résultait bien de ce manque cruel. Et nous pouvons affirmer avec René Guénon que ce qui manquait c’était bien, en définitive, le sens de la Tradition, sa présence et le lien qui y unit. Quand à savoir d’où et de quand provenait cette perte … la réponse aussi faisait défaut !

L’Orient est vaste. Celui auquel s’abreuva René Guénon fut celui de l’Inde, celui de la humma musulmane, du Taoïsme aussi … mais il y manqua celui de l’Orthodoxie ! Lui en faire le reproche aujourd’hui serait abusif et ce, d’autant qu’il avait, par ailleurs, judicieusement cerné les causes du problème soulevé par la compréhension de l’ésotérisme chrétien en Occident.

Il semble bien, en effet, que le passage d’une tradition “polythéiste” à la voie “monothéiste” n’ait pas été vécu aussi douloureusement en Grèce, puis dans les pays slaves, « lorsque Byzance répandit la flamme de la foi dans l’espace hyperboréen », pour reprendre l’heureuse formule de Serge Boulgakov ; qu’il le fut en Occident où, par ailleurs, il advint que, plus tard, le christianisme s’incorpora, plus qu’ailleurs le légalisme romain. Avant même l’avènement glorieux de la voie christique, toutes les initiations plus ou moins orthodoxes, se tenaient, à Rome, face à ce “légalisme politico-religieux” et opposaient à son ritualisme, certes nécessaire, les voies spirituelles visant rien moins qu’à l’intériorisation, par chaque initié, de l’enseignement le plus subtil des religions.

L’Eglise, de par sa vocation “universelle”, vocation “unifiante”, dût donc trouver et tâcher de conserver un subtil équilibre entre “religiosité politique et légaliste” et voie spirituelle vivante et doctrine “intériorisante”. Deux attitudes s’affirmait qui ne tardèrent pas à s’opposer, jusqu’à la rupture … « la robe sans couture fut déchirée » !

Dans son ouvrage, Le Graal roman[1], Nikos Vardhikas, pressent bien le mythe et les légendes du saint Graal comme un ultime soubresaut de la Tradition indivise … L’origine celtique, aujourd’hui reconnue, de ces légendes semble donner raison à ce pressentiment. En effet, les Eglises dites celtiques, gardèrent, par delà le respect et l’obéissance du à Rome, de profonds rapports avec l’Eglise d’Orient et sa théologie. Le Grec fut, par exemple, à égalité avec le Latin, la langue de diffusion de la théologie en Irlande (certaines paroisses pratiquaient même des Liturgies en langue grecque …)[2] …

On connaît assez les différents qui opposèrent les tenants de la tradition “romaine” et ceux de l’irlandaise (ou celtique), sur la date de Pâques, la Liturgie et même la conception du monachisme … mais on constate trop peu souvent que c’est après l’acceptation des normes “romaines” que commencent à fleurir les légendes arthuriennes, c’est aussi peu de temps après le grand schisme[3] … Mais nous trouvons également dans cette continuité les origines, admises par certains, de la Franc-Maçonnerie organisée[4], que l’on lie, le plus souvent, et sans “preuves tangibles”, avec l’Ordre du Temple … Mais, nous n’aurons pas ici le temps d’aller plus loin dans cette voie. Toutefois, nous voulons, précisément attirer l’attention de nos lecteurs sur ce point que, René Guénon, avait, bel et bien raison de reconnaître l’ésotérisme chrétien dans le foisonnement de ces récits … ce qui manqua ce fut l’essentiel, à savoir la possibilité de revivifier l’enseignement qu’ils contenaient. Mais, les choix faits par l’Eglise d’Occident, au lieu de ramener à Elle et en Elle ces précieux enseignements, les en éloignèrent plus encore, et ceux-ci se cristallisèrent dans des formes diverses, selon les milieux rencontrés pour aboutir à l’opposition flagrante d’un exotérisme et d’un ésotérisme, tous deux se figurant être “absolu et unique”[5]. Et, cela René Guénon l’a constaté ! Ce que certains lui reprochent aujourd’hui tient au fait de cette réalité historique et spirituelle … l’honneur de René Guénon c’est aussi d’avoir tenu compte de ces réalités-là dans la perspective et la mission qui étaient siennes …

Afin d’étayer notre propos nous voudrions nous arrêter sur la notion de “Paternité spirituelle”. En effet, si René Guénon a continuellement insisté sur l’importance de la transmission traditionnelle de la spiritualité la plus pure, ce n’est pas un hasard et, si cette notion se trouve, bien que parfois masquée par des développements aventureux, au cœur des récits arthuriens ce n’est pas, non plus, par hasard …

Or, la spiritualité Orthodoxe, à toujours offert la possibilité de l’épanouissement de cette notion primordiale.

Les conseils des différents ermites aux chevaliers, dans les récits arthuriens, s’apparentent tous, de près ou de loin, à la tradition des la prière perpétuelle et de la théosis. Ces saints personnages, en tout cas, ressortissent bien de l’image couramment admise du “Père spirituel”.

Ignace Brianchaninov appelle la paternité spirituelle : le « sacrement de filiation ». Il précise d’ailleurs, en accord avec la tradition Orthodoxe, qu’un Père spirituel n’est pas « un maître qui enseigne mais un “père” qui engendre ».

En outre l’Eglise reconnaît, dans son usage du mot “père” deux traditions distinctes : d’une part la “paternité fonctionnelle” (qui remonte à saint Ignace d’Antioche) qui fait que l’on appelle “père” tout Evêque ou prêtre en fonction de son sacerdoce ; d’autre part la “paternité spirituelle”, proprement dites, qui remonte aux Pères du désert, moines ou laïcs (saint Antoine, par exemple, était un laïc). Plus proche de nous dans le temps, Paul Evdokimov rappellera, quant à lui, que la condition essentielle qui légitime un Père spirituel c’est « d’être d’abord devenu soi-même pneumatikos ». Saint Syméon le Nouveau Théologien disait lui : « Pour donner l’Esprit Saint il faut l’avoir ».

Il se révèle donc, à travers cet usage du terme “père”, deux pratiques qui rejoignent ce que René Guénon nommait, faute de mieux, de son propre aveux, l’exotérisme et l’ésotérisme ou, la religion fonctionnelle et la voie spirituelle d’intériorisation, d’indentification et d’Union, les deux n’étant, dans ce cas, nullement en contradiction ou en opposition l’une avec l’autre[6].

Paul Evdokimov rappelait également, et fort opportunément, que, selon les Pères : « tout croyant peut se faire “moine intériorisé” et trouver l’équivalent des vœux monastiques, exactement au même titre, dans les circonstances personnelles de sa vie, qu’il soit célibataire ou marié ». Ce qui est parfaitement affirmé par l’Eglise d’Orient pour laquelle tout baptisé passe, lors du sacrement de l’onction chrismale, par le rite de la tonsure qui le consacre entièrement au Seigneur. Ce rite, analogue au rite monastique, invite chacun à retrouver le sens du monachisme “intériorisé” que le sacrement enseigne à tous mais que tous ne peuvent réaliser …

Ces minces réflexions s’ajouteront, nous l’espérons, aux notes sur l’Hésychasme de Michel Valsan, et contribueront, si Dieu le veut, à faire apparaître que, contrairement à ce qu’une actuelle tendance, en Europe occidentale, voudrait faire accroire, la “pensée” traditionnelle revivifiée par René Guénon, ne s’oppose en rien à la véritable tradition chrétienne, mais que, bien au contraire, celle-là pourrait, fort opportunément, éclairer celle-ci (dans l’aire occidentale) sur ce qu’elle a manqué de conserver au cours de son “évolution”.

En conclusion, tout ceci démontre bien, nous semble-t-il, à qui connaît, en profondeur le message de René Guénon, à quel point ce dernier est tout à fait conforme à la tradition “orientale” du Christianisme !

(Paru, en roumain ; « Meritul lui René Guénon si Orientul Ortodox » in Oriens, Studii traditionale, Niome si Rostiri René Guénon, Edition Aion, 2006.)

[1] Nikos Vardhikas, Le Graal roman, 1997, Jean Curutchet / Editions Harriet…

[2] Par exemple le grec dit littéralement “triade” pour Trinité … ce qui ne devait pas manquer de constituer un attrait particulier pour les premiers théologiens et mystiques de l’Eglise d’Irlande

[3] La théorie des deux Glaives et la conception même d’un saint Empire, sont étrangers aux doctrines traditionnelles des Celtes. La conception celtique de l’Autorité spirituelle et du Pouvoir temporel fut bien plus proche de celle de l’Empire Byzantin et de la symphonie des Pouvoirs. Les traditions romaines et germaniques, dominées par une spiritualité à forte connotation kshatriya, ont imposées leurs perspectives dans les domaines spirituels et temporels. Elles ont forgés l’Occident !

[4] En Ecosse, par ailleurs, pays aux origines celtiques …

[5] Si le Pape, possède bien les attributs de Janus, dieu des initiations, pourquoi donc celles-ci devraient avoir besoin de s’organiser hors de l’Eglise, cherchant une arche autre que l’Arche ? Les évêques Orthodoxes, choisis parmi les moines, ont conservés sur leurs bâtons pastoraux le Caducée … symbole « hermétique » et, donc, ésotérique s’il en est …

[6] « Nous dirons, en précisant, que si un mystère n’est pas un secret, cela est particulièrement vrai du mystère chrétien, continuant la condition même du Dieu Incarné, à la fois offert dans sa plénitude à chacun, et invisible pour ceux qui ne le voient pas. On est, essentiellement dans un autre univers que celui de la doctrine ésotérique protégeant, par une initiation secrète, sa “vérité universelle” contre les psychiques et les hyliques. La distinction, elle-même extérieure, entre ésotérique et exotérique, est dépourvue de sens ici, car il ne s’agit plus d’une continuation cachée et niant le temps d’un passé sacré, mais d’une continuation de Présence, à chaque instant créatrice et vivifiante, - on dirait d’une contemporanéité de l’Esprit. ». Monseigneur André Scrima, cité in « Etudes et documents d’Hésychasme », Michel Valsan, Etudes Traditionnelles.

24.2.09

Le Voyage Alchimique

 

"Patrick Burensteinas nous offre ses compétences de scientifique et d'alchimiste pour nous faire comprendre toutes les implications de cet itinéraire.

Il nous fait entrer dans la cathédrale par la porte du nord, "le portail des alchimistes", et nous fait toucher la "pierre de décharge" qui nous met en accord avec le monument.

Alors peuvent résonner en nous les deux Vierges Noires, les couleurs de vitraux, les formes architecturales et bien entendu les cercles du fameux labyrinthe qui est l'aboutissement de ce périple."

Un film (DVD) de Georges Combe. Durée : 54 minutes.

Source: L'étoile du Mage

2.2.09

Esotérisme et Progrès

Le "progrès" qui devrait nous servir pour nous libérer du matériel afin de nous consacrer au spirituel est devenu un tyran.

Depuis des décennies ce terme de progrès occupe le devant de la scène de notre société, on en retient une idée forte d’évolution de notre société vers une société nécessairement « meilleure » et d’ailleurs seule cette idée de progrès pouvait nous donner le bonheur de l’existence. On parle donc du progrès économique, social, médical etc. et même les « forces de progrès » en politique. On voit bien là que ce merveilleux « progrès » ne concerne que ce qui touche à notre existence terrestre et notre état humain, donc au matériel.

Nous ajouterons ici que dans son livre « Orient et Occident », René Guénon nous donne une explication de la naissance de cette notion de progrès depuis la Renaissance et son évolution. Notons toutefois que cette notion de progrès qu’il réservait à l’Occident s’applique maintenant aussi à l’Orient qui avec une rapidité extraordinaire est en train de rejoindre l’Occident dans sa descente cyclique.

Notre démarche spirituelle traditionnelle, c’est-à-dire transcendante, nous conduit donc à chercher la Lumière grâce à la Connaissance afin de nous élever de notre état humain vers d’autres états dans le but de trouver l’Unité et la Délivrance. C’est donc bien une démarche de l’Esprit qui ne correspond pas à une démarche matérielle ; cette démarche se fait à l’aide de la concentration qui à été totalement remplacé dans notre monde par la dispersion. Cette Connaissance est bien le contraire du « progrès » et nous pouvons lui donner le nom d’ésotérisme.

Nous dirons simplement que lorsque l’on parle d’ésotérisme il faut savoir qu’il s’agit de l’intérieur d’une tradition. C’est-à-dire ce qui ne peut pas être vu ou compris par l’ensemble et nous verrons tout à l’heure que cette notion d’ensemble et d’élite n’a rien avoir avec une notion de supériorité des uns sur les autres. De la Tradition primordiale, sont nés des traditions qui s’adaptaient au moment dans lequel elles se trouvaient. Toutes ces traditions gardaient dans leur cœur ou leur noyau le Principe de la Tradition initiale, dépôt conservé précieusement. La religion catholique est bien une tradition au sens où nous l’avons définit au-dessus puisqu’elle est apparue en occident à un moment où cette partie du monde risquait de se trouver sans véritable tradition ce qui n’est pas loin d’être le cas aujourd’hui. Il est donc incontestable donc que cette tradition, sous la forme d’une religion en Occident, a bien un côté « extérieur » et un côté « intérieur ». Le côté extérieur ou exotérique se traduit par la pratique de la religion ; le côté intérieur ou ésotérique n’existe plus aujourd’hui si ce n’est au travers d’organisations initiatiques très éloignées de leur principe où l’initié devra séparer le bon grain de l’ivraie au moyen de l’Axe sacré transcendant. Pour être partiellement complet, il nous faut rajouter que même le coté religieux est amoindrie et que celui cherche l’unité devra tout d’abord étudier la doctrine pour réaliser le côté extérieur, c’est en dire en comprendre l’utilité et ainsi se dégager des scories contingentes et profanes qui envahissent le sacré de la religion. Pour parvenir à cette fin celui qui chemine devra ressentir cette étincelle qui est dans son cœur grâce à l’intuition intellectuelle et ensuite gravir la montagne de l’étude pour parvenir au sommet de la Connaissance. Ce symbole de la montagne est particulièrement adapté car le chemin est étroit, escarpé et très difficile. Aujourd’hui, un des moyens de réussir cette ascension est d’étudier les écrits de René Guénon.

Par la situation cyclique dans laquelle nous nous trouvons, nous devons uniquement nous consacrer à l’étude et à la réalisation et non pas à la discussion et la polémique stérile qui sont malheureusement les caractéristiques de notre monde actuel qui découlent de la place prépondérante qu’ont pris la contingence et le relatif, c’est-à-dire le profane qui remplace le sacré. Comme nous l’avons d’ailleurs déjà exprimé, cette situation cyclique est « normale » et le redressement ne pourra s’opérer que lors du changement de cycle. Néanmoins celui qui cherche son unité ne peut rester « passif », il doit tout mettre en œuvre à la place qui est la sienne pour étudier et réaliser la doctrine qui lui permettra alors d’être « passif » face aux évènements.

La question qui vient alors naturellement est celle de la méthode pour parvenir à cet état d’unité. La réponse est sans ambiguïté : il n’y a pas de méthode unique. Chaque individu étant intrinsèquement différend de tout autre chacun devra trouver la méthode qui conviendra à son individualité. Cette méthode passe au préalable par la réception de la Fiat lux et ensuite l’étude et la réalisation. Elle permet de dépasser l’individualité pour découvrir le « Soi » transcendant, Lumière présente dans les cœurs ; dépasser l’individualité correspond à la « connaissance de soi ».

L’ésotérisme chrétien, comme tout autre ésotérisme centre d’une tradition, n’admet pas le prosélytisme pour la raison très simple qu’il n’y a pas de méthode commune puisqu’il n’y a pas d’individus communs car chacun a les qualifications qui sont les siennes. Cette considération exclut de fait toute organisation qui cherche à augmenter le nombre de ses adeptes en proposant des « services » pour se rapprocher ou même pouvoir devenir « dieu ». C’est bien là le maximum que l’on peut atteindre pour celui qui veut rejeter la tradition. Cette même considération exclut en principe même toute organisation elle-même en tant qu’organisation profane. Enfin chacun suivant ses propres qualifications ne pourra suivre le chemin qui lui sera adapté.

Une autre considération sur l’ésotérisme chrétien peut être à ce moment ajouté c’est celle de la « supériorité » de ceux qui savent sur les autres. Le Principe nous permet justement de nous dégager du moi pour trouver le Soi véritable, c’est-à-dire nous libérer de la tyrannie de l’égo. Vouloir se placer au-dessus des autres c’est bien exactement le contraire puisque c’est mettre en avant son égo. Celui qui chemine et trouve son unité n’est pas au-dessus des autres, il est à la place qui est la sienne car il n’a fait qu’utiliser les moyens ou les qualifications qui sont les siennes. Quand nous parlons d’élite, nous parlons de ceux qui travaillent pour l’Esprit, car l’Esprit est bien au-dessus de la matière car ils ne se situent pas dans le même monde et effectivement s’il y a un lien hiérarchique entre l’Esprit et la matière il se situe au niveau des principes et certainement pas au niveau des individus.

Nous pouvons aujourd’hui dresser un bilan de ce « progrès » que nous avons érigé en divinité entouré de ses serviteurs dévoués : la laïcité et le moralisme (sentimentalisme). Jamais les individus de notre monde n’ont été autant « stressé » par l’évolution de ce même monde. Car chacun voit bien que ce « progrès » qui a conduit le monde occidental dans une impasse est en train d’effectuer la même chose avec l’Orient mais comment expliquer à ces individus qu’ils ne pourront pas y accéder car ce n’est pas bon alors que depuis des décennies notre propagande occidentale leur a expliqué que c’est notre fonctionnement qui était le meilleur ?
Comment refuser à ces individus d’avoir accès aux mêmes « biens » et « services » que nous car leur évolution numérique risque de mettre en péril notre situation écologique ?
Comment leur expliquer qu’il ne faut pas qu’ils suivent la même direction que nous non pas par idéal mais uniquement parce que nous sommes inquiets pour nous-même ?

C’est là un vrai défi pour nos mentalités jamais repues d’objectifs et d’actions. Nous ajoutons que nous ne contestons pas certains « progrès » réels c’est-à-dire qui touchent notre condition d’individu, ce que nous voyons c’est que ces « progrès » ont été et sont réalisés non pas dans un Axe sacré mais pour eux-mêmes et par conséquent érigé en dogme et doctrine. Nous les avons pris pour la direction finale alors qu’ils ne devaient être que des moyens pour justement nous libérer du matériel afin de nous consacrer au spirituel ; de libérateurs nous les avons transformés en fardeau du « toujours plus » auquel nous consacrons toute notre activité individuelle au détriment de la seule activité qui vaille : celle de l’Esprit.

Avons-nous oublié qu’à la fin de notre état humain nous laisserons tout ce matériel ? A cette objection, nos mentalités répondent : nous devons laisser quelque chose à notre descendance ! C’est la bête qui s’alimente elle-même. Nous n’avons pas pour objectif de faire « culpabiliser » nos contemporains sur cette situation ni nous lamenter vainement. D’ailleurs cela serait totalement inutile car nous nous trouvons, et les signes sont clairs, non loin de la fin d’un cycle (précisons ici qu’en matière traditionnelle un cycle est bien représenté par un cercle et non pas par une droite et ajoutons encore que la fin du cycle actuel ne peut plus être déterminée avec précision en raison de la perte de notions importante de la tradition mais aussi qu’il n’entre pas dans la Connaissance de la Tradition primordiale la faculté de prédire l’avenir.) qui s’inscrit lui même dans un autre cycle. Nous devons donc préparer ce cycle futur.

Laurent MOLLARD , article sur Agora Vox